(Publié le 29 février 2016)Perou colca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Le saviez-vous ?

        Le canyon le plus profond au monde est le canyon de Cotahuasi au Pérou (3535m de vide quand vous êtes au point le plus haut). Mais moi j'ai choisi de randonner dans le 2ème canyon le plus profond au monde.

C'est mon côté Poulidor.

 

Peu importe. Le canyon de Colca, qui rate de peu la 1ère marche du podium avec ses 3400 mètres de profondeur, l'emporte haut la main devant le plus connu des canyons, le grand, celui du Colorado et ses tout petits 2000m de dénivelé maximal.

 

Colca
     D'Arequipa 5h30 de bus et 17 soles (4,50€) sont nécessaires pour arriver à Cabanaconde petite ville où débute un sentier en boucle. J'y arrive jour de fête. Danses et costumes traditionnels font un joyeux tintamarre sur la place du village et, une fois n'est pas coutume, les autochtones acceptent volontiers de se laisser prendre en photo. La petite place centrale est noire de monde, c'est l'ensemble du village qui se prête au jeu. Je me sens très loin de la très touristique Arequipa que j'ai, dans un tout autre genre, tellement appréciée également. Ces contrastes font le sel de mon voyage.

 

     Le sentier promet 2 jours plein de souffrance et je me réjouis, ça Plan de la randonnéec'est mon côté Jésus.

Si je caricature, il suffit de descendre au fond du canyon et de remonter. Le principe est donc simple mais les non-marcheurs me rétorqueront qu'il est simplet. Au fond ils ont sûrement raison. Mais plus le temps passe et plus je me sens marcheur. Quand on marche le temps paraît plus long, c'est un sport fait pour ceux qui ont peur de vieillir.


 

 

 

 

 

    Au matin, c'est d'abord une petite demi-heure de marche sur le bitume qui m'attend, puis c'est une longue descente qui commence, de celles qui font mal aux jambes. Et j'ai beau me trouver à une altitude de 2500m, dès 8h30 du matin il fait très chaud au soleil.Canyon de Colca Tout en bas, au bord de la petite rivière Colca et comme prévu, il suffit de traverser un pont piétonnier suspendu. Et il ne reste plus qu'à remonter. Bon en fait c'est un tout petit peu plus subtil: ça monte dur, mais ça redescend dur dur. Je traverse quelques villages plus ou moins coupés du monde mais les habitants ne sont pas, loin de là, autant isolé que sur le trek el Choro. Finalement j'arrive en début d'après-midi à Singalle dont les habitants ont trouvé un nom plus vendeur à leur village: l'Oasis. Faut avouer qu'il y a un peu de ça, avec de jolies petites chutes d'eau qui se jettent dans la rivière, les palmiers qui profitent de l'humidité et puis les hôtels qui offrent de belles piscines. J'ai logé là, dans un de ces hôtels. 5€20 la chambre équipée d'un grand lit, salle de bain à partager et piscine à volonté. Et devinez qui est le neuneu qui a oublié son maillot ? Grrrrrr...


 

 

 

     Le lendemain matin, je suis au pied d'une quasi-falaise, un mur haut de 1100m. Je grimpe sans me poser de question, avant que le soleil ne chauffe de trop. De toute façon y'a pas le choix, car y'a pas de route.
La montée est rude, très raide mais c'est dans cette portion de la randonnée que les paysages sont les plus beaux : Ils vont, à la verticale, du fond du canyon aux sommets enneigés des volcans environnants. Au cours de la grimpette je positive un maximum: quand je double des jeunes qui tirent la langue je me dis que je tiens encore une bonne forme. Et quand je double des personnes de 70 ans (si, si) je me dis qu'il me reste encore plein d'années pour profiter de la vie.


    Après une bonne suée, à 9h du matin, je suis déjà dans le bus qui me ramène à Arequipa et qui m'entraîne vers d'autres paysages.

La vallée du Colca

Un peu de philosophie ne peut faire de mal à personne:

 

     Si vous voyagez en véhicule, et même si vous ne voulez pas vous lancer dans cette randonnée, n'hésitez surtout pas à effectuer le trajet Chivay-Cabanaconde. La route passe de la vallée du Colca au canyon de Colca, et de paysages très beaux à des points de vues sublimes. Cerise sur le gâteau vous aurez de bonnes chances d'admirer le vol du condor.
     La route passe un col à 4900m où le paysage est lunaire, sur fond de montagnes enneigées. C'est un col où même les lamas n'ont plus de quoi se nourrir et où pourtant des gens vivent, quelques masures le prouvent.

 

Sur la route qui mène au canyon

 

     Depuis le début de mon voyage c'est ça qui m'étonne le plus: La faculté qu'a l'homme à s'installer dans les endroits les plus isolés de la planète. Et c'est ça qui m'interroge le plus au fil de mon parcours: Qu'est ce qui motive un groupe de personnes à décider un jour que ce serait ici leur chez eux, malgré le froid, la difficulté à se nourrir, à se chauffer ? Malgré l'hostilité du lieu. Les hommes font parfois des choix étranges, qui paraissent être faits en dépit du bon sens.

 

     Ca me rappelle un monologue de Steve McQueen, dans le film "Les 7 mercenaires" de John Sturges  :Steve Mc queen

« Un jour j'ai vu un homme nu qui s'est jeté contre un cactus.

Je lui ai demandé :

- Mais pourquoi as-tu fait ça !!??

Il m'a répondu:

- À un moment l'idée m'a traversé l'esprit ».

(pour les plus jeunes en mal de culture et les anciens qui perdent la boule, voici le lien vers la bande-annonce)

 

     J'aime cette image – même si elle est probablement fausse – qu'à un moment, dans leurs migrations, les hommes se sont arrêtés de marcher, là sur un col péruvien à 4900 mètres d'altitude, ou bien ici au Groenland, ou encore au fond de la Sibérie ou de l'Amazonie, ou dans le désert saharien, simplement parce que "l'idée leur a traversé l'esprit", et malgré les risques.

 

     C'est peut-être aussi ça, ce grain de folie, qui nous distingue de l'animal.

Sur la route qui mène au canyon

 

 

 

 

 

 

Canyon del Colca pratique
 

     Que les Ricain-ophiles soient rassurés : si le grand canyon du Colorado n'est pas le plus profond il reste (à mes yeux en tout cas) le plus impressionnant. La balade au canyon de Colca est très plaisante mais les paysages n'atteignent pas le grandiose de son homologue américain. Le canyon de Colca est une randonnée à faire si vous avez du temps, pas forcément immanquable pour ceux qui sont pressés.

Des bus font l'aller-retour depuis Arequipa. Il y a aussi des combis, plus rapides mais plus chers.
Les descentes cassent bien les jambes. On peut faire la remontée depuis Oasis à dos de mule. Les hôtels de Sangalle (Oasis) ne coûtent rien (20 soles la chambre privée et toilettes à partager) et la plupart proposent une piscine.
A Cabanaconde. Le « Pachamama backpacker » est un choix correct : 20S en dortoir, avec petit déjeuner.

Entrée dans le Parc: 70 Soles.

On trouve de quoi s'alimenter, boire et se loger régulièrement au fond du canyon.

 

Timing randonnée (à mon rythme évidemment):
De Cabanaconde jusqu'au pont au fond de la gorge :2h20 (descente rude).

Du pont à Coshnirua : 1h30

De Coshnirua à Malata : 15'

De Malata à Oasis : 1h00

de Oasis à la place centrale de Cabanaconde : 2h20 (montée rude)

Pour donc un total de 7h30 de marche. Ca se fait donc très bien sur 2 jours. C'est rude sur 1 journée mais faisable.

 



 

Commentaires (6)

lepan
  • 1. lepan | 10/09/2016
bonjour,
pensez-vous qu'il est faisable de faire la rando sivante:
Cabanaconde-Sangalle-malata-tapay (dormir a tapay) puis le lendemain Tapay-san juan de chuccho-rio-Cabanaconde
sachant que je ne suis pas une grande sportive ?
cordialement
Didier
  • 2. Didier | 01/03/2016
Réponse @Coralie:
Ces hôtels ne croulent pas sous le nombre de touristes. Je n'allais quand même pas faire fuir les rares qui se prélassaient en bord de piscine !

Réponse @Pascaline:
Sous la neige au Vigan ?
J'échange pas ma place contre la tienne !

Réponse @Aurélie:
Ah ben j'ai oublié de raconter cette anecdote. J'ai moi aussi eu droit à mon petit tremblement de terre, à Arequipa. Ca a duré assez longtemps pour que ça me réveille et que j'envisage les endroits où je pouvais me réfugier. C'est vrai que dans ces moments le temps semble long.
Dans la même région, à Iquique (nord Chili), Coralie et moi en avions subi un léger. Les gens étaient sortis très tranquillement des bâtiments. Depuis la ville a été endommagée par un autre, plus conséquent.
Aurélie
"Il ne faut pas avoir peur de vieillir, c'est un privilège refusé à beaucoup"... Enfin, ceci dit je suis comme toi, et c'est vrai que la marche semble ralentir le temps (surtout dans la montée du canyon de Colca, mes mollets s'en souviennent encore...) A un moment je m'étais arrêtée pour me reposer, et le rocher sur lequel j'étais s'était mis à bouger une, deux secondes... et là y'a pas à dire, les mini tremblements de terre dans la canyon, ça ralentit VRAIMENT le temps ;-) Ce furent les deux secondes les plus longues de mon existence !
Vadrouilleusement,
Aurélie.
Pascaline
  • 4. Pascaline | 29/02/2016
Pour Coralie,
Pas grave si ik avait pas de maillot. Jésus marche sur l'eau mais ne se baigne pas. Desolée elle est sortie toute seule. Bisous ma belle. Viens quand tu veux sur Le Vigan
Pascaline
  • 5. Pascaline | 29/02/2016
Toujours un plaisir de te lire. Par pitié pas de comparaison avec Jésus, il a pas bedoin d'un Didier à ses côtés MDR. Tu continues de nous faire rêver, pauvres gaulois perdus dans la neige. Grosses bises pour toi et à notre Coralie
Coralie
  • 6. Coralie | 29/02/2016
Et quoi? ton slip n'était pas assez beau pour te baigner avec?!
Franchement, vu la chouette piscine, après toute cette marche, perso, je n'aurais pas hésité une seconde ;-)

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