(Publié le 7 octobre 2015)
J'imagine que toutes les villes du monde se sont développées en fonction de leur environnement naturel. En ce qui concerne Quito, c'est frappant.
La capitale équatorienne est bâtie au fond d'une vallée relativement étroite, donc tout en longueur sur un axe grosso modo nord-sud. Tenus de loger près de 2 millions d'habitants,les quartiers grignotent les flancs des collines, tant bien que mal, car cette colonisation trouve vite ses limites dès que les pentes s'accentuent. Pour profiter vraiment du grandiose des lieux il faut oublier son appréhension du vide et grimper dans le teleferico qui vous mène à 4100 mètres d'altitude (s'iou plait !), à la Cruz Loma. C'est un endroit qui s'adosse sur les pentes les plus abruptes de la ville, celles d'un volcan forcément, car il y en a partout tout autour. C'est aussi ici qu'il faut être pour en prendre plein les mirettes :
Au fond Quito qui s'étend à perte de vue, au deuxième plan des sommets qui paraissent faussement modestes et enfin, en toile de fond, certains de ces volcans, énormes et pourtant gracieux, aux sommets enneigés. De gauche à droite sur la photo Le Cayambe (5790m), l'Antisana (5700m), et plus au sud, le célèbre Cotopaxi (5897m) dont l'activité dont on nous parle dans les journaux ne fait aucun doute : très régulièrement un nuage - comme le fruit d'une explosion- s'échappe du cratère.
D'ici, Quito est comme une saignée dans la bien nommée « allée des volcans ». On ne se lasse pas d'un tel paysage.
La descente se fait en quinze petites minutes de téléphérique, car finalement, faut pas croire, on ne descend pas si bas. Quito se situe, en moyenne, à 2800 mètres d'altitude, ce qui n'est pas rien.
Ça en fait même la 2ème capitale la plus haute du monde, après La Paz, capitale bolivienne. Cette altitude, sous cette latitude, ça donne de gros contrastes de températures. A 8 heures du mat' on supporte bien une petite polaire, mais 2 heures plus tard on sue en ne portant qu'un T-shirt léger.
C'est dans la partie ancienne de la ville que se concentrent les sites les plus intéressants. La grand' place toujours très animée, pleine de monde et de quelques orateurs qui s'adressent justement à tout ce monde. Leurs discours sont parfois religieux, probablement aussi politiques et, à voir la réaction du public, quelquefois comiques. C'est très plaisant de s'asseoir sur un banc et de profiter de toute cette agitation bon enfant.
Il y a aussi parfois de grandes cérémonies qui se déroulent ici, sur la terrasse du palais présidentiel. En tout cas ce jour-là, Rafael (Correa, le président) recevait beaucoup de gens de toute évidence très très importants et la foule se pressait sur la place en espérant, j'imagine, reconnaître une célébrité (mais personnellement j'ai même pas repéré Rafa dont je connais pourtant bien le visage) et la fanfare gouvernementale n'arrêtait pas de ponctuer chaque arrivée ou départ de personnalités de quelques notes guillerettes.
Un tout petit peu plus loin la place San Francisco et les immeubles qui la bordent sont magnifiques.

L'intérieur de l'église elle-même n'est pas vilain du tout, même si tout cet or pique un peu les yeux.
Dans le genre, la « Compania de Jesus » détient le pompon : de l'or il y en a partout, sur le moindre cm² des colonnes ou des murs. Bien que pas trop fan habituellement, je dois bien avouer que là, ça en jette un max. Sainte Marianne est enterrée là, son tombeau fait office d'autel (désolé, photos interdites dans cette belle église).
Outre son cadre unique et ces beaux monuments, ce que j'ai apprécié ici, à Quito, c'est la gentillesse de sa population, toujours prompte à aider le touriste un peu paumé lorsqu'il s'agit de prendre un bus par exemple.
Pas besoin d'aide par contre pour trouver un petit resto où on vous servira, pour 2,25 $ (soit 2€), une soupe et un plat principal très très corrects. De ces petites cantines, il y en a à peu prés partout. Bizarrement le petit déjeuner, mais il est vrai copieux, y est un peu plus cher (2,50$).
Ma cantine préférée – El Molino – est située rue « Chile », une des très rares rues piétonnes, qualité qu'on apprécie d'autant plus que partout ailleurs les bus vous crachent sans relâche leur fumée noire en plein visage (secteur piétonnier=poumon préservés). Plein de petits vendeurs dans cette rue tout en pente, chacun sa spécialité : celui-ci vend des brosses à dents, un autre des peignes, celui-là des foulards, son voisin des semelles, des billets de loterie, du papier toilette...
Il y a aussi là un bar – El cafeto – qui outre vous servir un bon café vous permet de profiter d'une jolie vue sur le charmant cloître de la iglesia San Agustin.
Un peu de culture n'ayant jamais fait de mal à personne j'ai entrepris la grimpette jusqu'à la maison-musée de Guayasamin.
Guayasamin est un peintre équatorien de renommée internationale, figurez-vous qu'il était même pote avec les Miterrand (je vous parle d'un temps où les présidents de la république française pouvaient se prévaloir d'une certaine culture, j'dis ça j'dis rien). Cet artiste franchement ancré à gauche (pote aussi avec Fidel Castro...) a beaucoup peint sur la souffrance des peuples, indiens mais pas que.
Il a aussi créé la « Capilla del hombre », la chapelle de l'homme, en argumentant qu'il trouvait un peu dommage qu'on consacre des chapelles à Dieu et pas à l'homme. Ben avec des paroles sacrilèges comme celle-là, si ça se trouve il réside aujourd'hui en enfer. Fallait pas mourir (en 1999).
Si vous passez par Quito, ne manquez pas cette visite tout en émotion ni, si vous êtes férus d'archéologie comme moi, celle du musée national. Le cheminement y est drôlement mal foutu mais on y découvre de très très beaux objets de la période pré-colombienne (désolé pour celui là, photos encore interdites).
Assez de blabla, voici le coin des photos en vrac: