(publié le 15 Juillet 2017)Iran rasht

 

 

 

 

 

 

 

      Filer vers le nord c'est découvrir un nouvel Iran. On traverse un massif montagneux qui retient l'humidité Sur la route de Rashtvenue de la mer caspienne, et l'environnement change complètement : ce sont désormais des champs cultivés, de belles rivières et des montagnes vertes qui font le paysage. On est surpris par la quantité d'arbres qui peuplent les versants, il faut donc se faire à l'idée que, définitivement non, l'Iran n'est pas qu'un grand désert.
 

 

 

 

     Sur la terre, les conditions climatiques différentes d'une région à l'autre font que la vie des gens diffère. Mais ce que je trouve étonnant c'est que leur façon de voir la vie en devient également différente. Rasht est une ville très agréable mais surtout pour la première fois en Iran je découvre une cité qui a aménagé de grands boulevards en zones piétonnes. On y voit certes encore une bonne proportion de tchadors mais ici on a presque l'impression d'une ville occidentale. J'y ai vu plus de librairies que n'importe où ailleurs dans le pays. Quant à l'animation incroyable qui y règne en fin de journée, elle rappelle plutôt le meilleur de certaines villes latino-américaines. Quel plaisir que ces pays où les gens ne s'affalent pas bêtement devant leur télé le soir, mais sortent en nombre dans la rue dès la fraîcheur venue. Rasht ne possède rien de très spectaculaire mais on s'y sent bien.
 

     De Rasht, j'ai loué les services d'un taxi pour me déposer dans la montagne. Je ne me lasse pas de ce nouveau paysage: des arbres bien verts en bord de route (nos platanes), quelques vaches qui broutent, au second plan des rizières, des plantations de thé, et tout au fond la haute montagne. Et puis, presque soudainement, nous plongeons dans les Cévennes !

Masouleh


     Masuleh est un petit village construit à flanc de montagne et, si on excepte l'architecture forcément différente où l'ocre domine, je vous promets qu'on pourrait se croire au fond des Cévennes françaises, avec le vert profond de la végétation, les rivières qui tombent en cascades, quelques sentiers qui strient la forêt et juste derrière une montagne au sommet pelé et enneigé qui se la joue Aigoual. J'ai marché un peu dans la montagne et j'ai finalement rencontré une draille, c'est vous dire si la ressemblance est poussée loin.

     Le village lui-même est construit en étages. Quand on monte à un étage supérieur, on marche sur le toit des maisons de l'étage inférieur, c'est original. MasoulehLe bourg, qui vise de toute évidence le titre de plus beau village d'Iran, fait la part belle à l'artisanat dont je ne pourrais assurer qu'il est local (mais joli quand même), et à une floppée de terrasses ce qui n'est pas banal dans le pays. On trouve même, dans ce petit centre qui a tout de même succombé aux sirènes du commerce, un boui-boui où les vieux de la vieille viennent prendre un thé, une omelette, discuter entre eux, et où les mainates en cage répondent à votre bonjour (en iranien). Étant un peu curieux, on se perd dans le dédale d'escaliers, on ne croise plus alors que quelques poules, quelques chats et des petits vieux assis à l'ombre qui vous  saluent d'un "Salam" discret. À 1000 mètres d'altitude et aérée du vent frais venu de la mer caspienne, Masuleh, ma dernière étape iranienne, me laissera un très joli souvenir.

     Je ne pouvais pas terminer ma série de reportages sur l'Iran sans parler de sa plus grande richesse: le peuple iranien. Nulle part ailleurs dans le monde je n'ai trouvé population plus accueillante, serviable, attentionnée. Dès lors que vous avez un faciès étranger, on vous questionne, on vous sourit, on vous offre un siège libre dans le métro. On vous interpelle sans cesse dans la rue, "d'où venez-vous ?", "que pensez-vous​ de l'Iran ?", " comment trouvez-vous les Iraniens ?"... Les gens d'ici  semblent parfois souffrir de l'image qu'ils ont (ou qu'ils pensent avoir) à l'étranger. Un interlocuteur m'a dit :"ne confondez pas le gouvernement iranien et la population iranienne" puis "nous ne sommes pas des terroristes" (??!!!!). Au lendemain de notre élection présidentielle, beaucoup ont également voulu me faire savoir qu'ils avaient ​suivi cet événement (même si ils n'ont qu'une très vague idée de la différence entre Macron et Le Pen). En Iran, jamais vous ne serez perdus car partout on vous indiquera de bon gré votre chemin et si besoin on vous trouvera toujours une voiture pour vous mener à votre prochaine destination. On est parfois gêné de tant d'attentions, c'est vous dire.
Si l'accueil des étrangers était une richesse éligible au patrimoine mondial de l'humanité, nul doute que les Iraniens seraient le premier peuple récompensé par l'UNESCO.

(Maintenant que j'en ai dit le plus grand bien, je peux mettre un bémol au comportement des Iraniens: autant ils sont sympathiques, autant une fois derrière un volant ils deviennent complètement crétins : ami piéton prends garde à toi, dans ce pays de chauffards tu es quantité négligeable).

 

 

 

A MasoulehA Rasht

Jeunes filles en tchador

 

Commentaires (5)

Lucie
  • 1. Lucie | 23/08/2017
Je rattrape mon retard
La glace aux vermicelles mmh ça attendra
Thonthon
  • 2. Thonthon | 21/08/2017
Voilà un excellent reportage ....Je me faisais une idée de l' Iran ( de ses habitants ) mais pas dans le même sens de ce que tu as vécu .....
Isabelle
  • 3. Isabelle | 20/08/2017
Des paysages magnifiques! et je pense sue vous avez raison, au vu de vos différents commentaires de ne pas mélanger le peuple iranien et son gouvernement: finalement que de fausses idées retransmises : cela donne une autre idée de ce pays; merci à vous de le partager
Prieur (voisin de Coralie)
  • 4. Prieur (voisin de Coralie) | 18/08/2017
Bonjour,
Vos commentaires sur l'Iran comme sur les iraniens correspondent aux descriptions que mes beau-frère et belle-soeur nous en faites bien qu'ils aient visité ce pays dans les conditions moins particulières d'un voyage organisé. Merci encore de nous faire voyager par l'image ainsi que par vos descriptions. A bientôt, peut-être, pour d'autres destinations.
Filou
  • 5. Filou | 18/08/2017
salut cousin,

ton encart sur le peuple Iranien est exactement ce que j'ai ressenti lors de mes 3 séjours;
aux adjectifs "accueillante, serviable, attentionnée" , j'ajouterais "Courtoisie", la vraie, inintéressée; un peuple vraiment incroyable;
Une des personnes avec laquelle je travaillais m'avait dit la même chose: "ne confondez pas le gouvernement iranien et la population iranienne"
quant aux paysages, c'est vrai que le contraste entre le désert de Téhéran et la for^t lorsque tu passes le sommet de la montagne est saisissant !
à bientôt

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