(Publié le 30 Mai 2017)Côte Yucatan
     C'est la fatigue qui m'a fait m'arrêter à Bacalar. Après plusieurs heures de bus local, un changement, le passage à pieds de la frontière Belize-Mexique et 40 bornes de plus en taxi, j'en avais ma claque des transports. Étape imprévue, étape bienvenue.

     Bacalar est une petite ville construite au bord d'un lac rempli de bleus splendides, qui lui valent son surnom de lac aux 7 couleurs. Quel plaisir d'y retrouver
Cote yucatan, Bacalar le lacla douceur de vivre mexicaine, même lorsque le soleil tape fort. Apparemment les familles mexicaines elles-mêmes viennent y passer un peu de leur temps libre et profiter des aménagements du bord du lac ou des terrasses tranquilles du zocalo. Loin des circuits touristiques classiques ici on profite de la vie, on se baigne dans le cenote proche ou dans le lac, et, personnellement, j'y ai réappris à apprécier la "Indio" ou la "Negra Modelo", 2 bières mexicaines au goût de reviens-y. Pour être plus juste dans l'expression de mon ressenti, j'ai adoré retrouver la gentillesse des mexicains, ainsi que le Mexique loin du tout commercial et du tumulte touristique, d'autant que les étapes suivantes me promettaient le grand barnum américain.
Je ne pensais pas si bien dire...


     J'allais à Tulum pour découvrir un dernier site archéologique et accessoirement profiter de la plage. Et je pensais que les visiteurs voyageaient avec la même logique. Quel naïf je fais ! C'est exactement l'inverse : les Américains vont à la plage et accessoirement visitent le site archéologique. Ça change tout. Le public n'est plus le même sur les ruines Mayas. Ça se trimballe en maillot de bain et claquettes avec dans la poussette le mouflet qui braille et se goinfre de chips. Ajoutez à ça le fait que, bien que construit devant la mer d'un bleu incroyable, les restes de la cité ne sont pas sublimes et peut-être comprendrez vous ma déception.
Côté plage pas de surprise du coup: grosse concentration de touristes. Le sable est fin comme de la farine et dessus les ricains sont gras comme les frites Mc Cain qu'ils ont ingurgitées tout au long de l'année. Apparemment ils s'y plaisent, moi pas trop.
J'ai continué ma route vers le nord,... autrement dit vers encore plus de touristes.

     Cozumel est une île dont la seule petite ville -San Miguel - est envahie par les Américains. C'est gringoland. Cependant cette fois-ci ça serait malhonnête de Côte Yucatandire qu'on n'est pas prévenu. Je me suis demandé ce qu'il restait du Mexique dans ces rues ultra-commerçantes. Quelques tacos hors de prix peut-être, en tout cas pas grand chose.
On peut dire beaucoup de mal de certaines de nos stations balnéaires il n'empêche que partout il y reste de la culture française. Ici, on vous parle d'abord en anglais et c'est mieux si vous payez en dollars. Et clairement les mexicains se prostituent pour cette clientèle fortunée dont une bonne partie débarque des immenses paquebots qui n'en finissent pas d'aller et venir.
Un bon paquet de touristes vient faire de la plongée ici. En terme de fréquentation ce site  serait le deuxième site au monde après la grande barrière de corail australienne. Mon enquête personnelle m'a appris que certains spots (de plongée) sont très chouettes sans atteindre le sublime de l'Australie ou de la Nouvelle-Calédonie. Comptez 80 US$ la plongée. Vous voilà prévenus.
J'ai loué un scooter pour faire le tour de l'île. Ça m'a rendu triste. Pourtant les plages sont sublimes. Cozumel c'est l'endroit où le bleu de la mer joue toute sa gamme. En fouillant
Cote yucatandans mes souvenirs je ne retrouve que les teintes incroyables du lagon néo-calédonien qui puissent rivaliser. Mais la plupart des accès à la mer ont été privatisés et y accéder se paye cher. Quand la plage est annoncée "libre d'accès" il faut comprendre que la partie libre se résume à sa partie congrue et que tout sera fait pour que, à un moment où un autre, vous payiez. Bref, ici on réserve la beauté de la planète à une élite. C'est très très triste. Une fois de plus, nous devrions plus souvent nous réjouir d'habiter dans des pays (je pense aussi à mes lecteurs belges) où des lois existent pour limiter, au moins un peu, le pouvoir de l'argent.
Je ne vais pas épiloguer sur la ville de playa del Carmen, qui fait face à l'île de Cozumel. Ce qui s'en rapproche le plus chez nous c'est le cap d'Agde. La mer est plus jolie ici mais le bord de mer moins agréable, je trouve.

Par contre pas très loin il y a le très beau cenote azul, surtout fréquenté quant à lui par les mexicains. Un très joli moment de baignade.

Cote yucatan, cenote azulCote yucatan

Cote yucatan 26

     On me promettait plus de plaisir sur l'île d'Holbox, alorsCôte Yucatan, Holbox je suis allé voir.
Holbox c'est un peu comme si Cozumel ou playa del Carmen avaient su s'arrêter à temps dans leur course folle à la recherche du Dieu dollar. C'est un village aux rues sablonneuses. On est loin du tourisme de masse de mes étapes précédentes. Les hôtels se partagent la clientèle entre celle qui peut s'offrir le luxe (face à la mer), les jeunes couples aux moyens...moyens (en 2ème ligne), et les routards fauchés (musique pourrie à fond jusqu'à minuit). On entend parler un peu toutes les langues.
La plage est vraiment belle mais cette fois-ci la mer est verte. En s'éloignant un peu à pieds on s'aperçoit que la plus grande partie de l'île est laissée à l'état sauvage, ici le tourisme ne détruit pas tout.

     Dommage que les prix soient si élevés et la restauration sans aucune originalité (je me lasse vite des tacos et des pizzas). Il ne faut pas être dupe: ici on a plus affaire à des commerçants qu'à des mexicains.
Il reste une attraction gratuite: À l'heure qu'il a choisi, le soleil semble se lover dans la mer. Il y a des couchers de soleil qu'on a envie d'applaudir. Et c'est un spectacle qui va bien avant de quitter le pays.

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Côte Yucatan, Holbox