(Publié le 25 Mai 2017)Belize

 

     Aller au Belize permet d'avoir un tampon de plus sur son passeport. Si vous n'appréciez pas plus que ça la plongée sous-marine en compagnie des jeunes américains qui viennent ici coloniser les plages (Miami est à 2 heures de vol), il vous reste tout de même une bonne raison d'y être : c'est le point de passage le plus pratique lorsqu'on veut passer de la région de Tikal (Guatemala) à celle de Tulum (Mexique). Et tant qu'à y passer, autant voir un peu à quoi ça ressemble.

     Le Belize est un petit pays, il ne représente que 3/4 de la surface de la Belgique. C'est une enclave anglophone perdue dans une immensité hispanophone. Venant du Guatemala, San Ignacio a été ma première étape.

Belize, San IgnacioJ'ai d'abord remarqué dans cette petite ville de jolies maisons en bois. Et tout de suite après c'est la présence des gros 4x4, ou encore des gros pickups qui m'a étonné. Il n'y a dans les rues que très peu de voitures comme chez nous. Je me suis demandé quel était le niveau de vie ici. Je me suis vite aperçu que les prix pratiqués sont juste prohibitifs (un 4x4 ça boit beaucoup).Je pensais faire dans le coin quelques excursions mais j'ai vite déchanté : 85$US pour celle qui promettait une belle baignade en rivière après une marche en forêt, 98 $US pour une autre, originale, qui proposait de marcher et nager dans une grotte jusqu'à une tombe Maya.
C'était clairement hors budget. Il semble que les Américains qui visitent le pays en nombre (et même parfois qui s'y installent) font flamber les prix qui en deviennent juste déraisonnables. J'ai pris mes cliques et mes claques, non sans avoir vécu au moment de partir ma première engueulade avec un hôtelier, après plus de 2 ans de voyage. Premier contact avec le Belize pour le moins mitigé.


     J'ai pris les bus locaux pour rejoindre Hopkins, sur la côte, car les agences se foutaient ouvertement de moi (le trajet coûte 8,5 US$ en transport local et ... 150 US$ en navette à touristes !!). Ça m'a permis d'approcher la vie locale qui décidément ne m'enthousiasme pas. Ici on ne se cache pas beaucoup de son racisme anti-blanc, à moins que ce ne soit anti-touriste, je ne saurais dire. J'ai eu affaire à des gens qui occupent 2 sièges dans le bus et qui refusent de se pousser un peu pour vous laisser vous asseoir. Mais qui se poussent finalement pour une personne noire. Tout ça sans que ça ne choque personne. Ambiance...
Au cours de ce trajet j'ai fait un stop contraint dans la capitale du Belize. Je vous mets au défi de me donner son nom sans consulter internet, un atlas ou un dictionnaire. Vous ne ratez pas grand chose en l'ignorant car Belmopan - c'est son nom - n'a strictement rien à offrir.

Belize


     À Hopkins,  décrit par mon guide comme "village de pêcheurs", j'ai aperçu tout au plus quelques barques posées sur le sable depuis belle lurette. Ici 50% des Garifunas vivent directement du tourisme. Les 50% restants en vivent indirectement. Du coup les gens paraissent plus aimables, ils ne vont quand même pas se tirer une balle dans le pied en maltraitant quelques dizaines de touristes qui dépensent beaucoup d'argent pour des prestations le plus souvent bas de gamme. Hopkins n'a pas non plus grand chose d'un village (pas de centre ni de place centrale, pas de marché...). BelizeLa rue principale longe la mer et les gros 4x4 y soulèvent de la poussière. Comme un peu partout en Amérique latine, les beliziens seraient bien avisés de faire un tout petit effort pour entretenir la beauté de leurs plages, mais ça semble cause perdue. Seuls quelques hôteliers ratissent un peu le sable. Malgré tout Hopkins est loin d'être désagréable. J'aime souvent ces endroits où s'affairer paraît incongru. Les gens d'ici ne sont pas bousculés. Outre ne rien faire, j'ai aimé la baignade dans une mer d'huile au petit matin. Les mordus de plongée sous-marine peuvent apparemment faire dans le coin de belles découvertes, mais, comme ailleurs au Belize, il faudra provisionner votre compte en banque avant le départ (plonger une matinée = 150 US$). Le mien est trop limite pour profiter des fonds marins. Côté sport je me suis contenté de marcher assez longtemps vers le sud. Je suis arrivé à une zone occupée par des lodges, des vrais. On y paye sa bière 50% plus cher qu'ailleurs, c'est à dire 3$, et à ce prix, on vous offre aussi un transat sous une petite paillote, sur une plage propre, et devant une mer bleue de chez bleue. Je n'en ferais pas toutes mes vacances mais dans ces conditions l'après-midi passe vite.

 

Voilà.
     J'ai passé un peu plus de 3 jours au Belize. C'est bien sûr un peu juste pour se faire une idée mais d'une part j'étais avant tout en transit dans ce pays, d'autre part mes premières impressions ne m'ont pas convaincu d'y rester plus longtemps, l'accueil de la population et les prix pratiqués étant à la limite du rédhibitoire.
Mais grâce à ce bref passage j'aurais croisé pour la première fois des mennonites, des ultras cathos blancs (souvent blonds) habillés comme dans la petite maison dans la prairie. Ces allumés (mais ne jugeons pas hein) se sont notamment installés en nombre au Belize, au Canada et au Etats-Unis. Plus anachronique tu vas en enfer (voyez ce lien).

     Enfin, j'aurais fait quelques pas dans la capitale la moins connue au monde (avouez, vous avez déjà oublié son nom), le genre d'anecdotes dont les voyageurs adorent se vanter dans les dîners mondains.

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