(Publié le 16 janvier 2017)Carte Thailande

 

     Retourner dans un endroit 25 ou 30 ans après y avoir fait une première visite, le concept peut être très intéressant pour comprendre comment le monde, un pays ou une ville change. Malheureusement les souvenirs sont ce qu'ils sont, volatiles, et c'est finalement moins facile qu'il n'y parait de faire des comparaisons dans le temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Thailande
     Me voici à Bangkok et j'ai du mal à me remémorer la ville, découverte une première fois en 1989 (ou 1990 allez savoir). Elle me paraît d'abord moins sale. Mais c'est peut être une vue de mon esprit. À l'époque la Thaïlande était mon premier voyage hors d'Europe et forcément le choc avait été énorme. Aujourd'hui elle me parait plus encombrée de voitures, moins de 2 roues, la population s'est probablement enrichie. Il y a désormais une modernité dans la ville qui n'existait pas alors. Par exemple dans le nombre de gratte-ciels qui occupent le centre-ville ou les grands centres commerciaux. La ville s'est tristement Starbuckscisée, la MacDonaldisation a fait son oeuvre. Quelle plaie que ces "franchises", ces Pizzas hut, ces Mangos, ces KFC, ces Subway, toutes pensées de la même façon que vous soyez à Madrid à New York à Singapour ou à Tokyo ; elles uniformisent la planète, la rendent plus lisse, et font les centres-villes tous pareils, formatés.

 

 

 

 

 

 

 

     Ouf, on trouve encore dans la rue des petits vendeurs Thailandequi vous proposent de bons petits plats pour pas grand chose. Je me régale. On peut aussi trouver quelques rues qui gardent leur identité. Ce dont je suis à peu près sûr c'est que le centre de la ville s'est débarrassé des bidonvilles misérables de l'époque. J'imagine qu'ils existent encore en périphérie car il est clair que tous les habitants n'ont pas profité à plein de la hausse du niveau de vie.
Pour se déplacer le (nouveau) métro aérien est très pratique, mais les immenses piliers de béton qui le soutiennent n'embellissent pas la ville. Ils donnent même à certaines  rues des allures de celles du Los Angeles de "Blade Runner", c'est pas glamour.

 

 

     La prostitution à grande échelle - des quartiers entiers lui sont consacrés - est toujours d'actualité, peut-être plus que jamais, mais elle a changé de visage. Je me souviens que dans la rue, lors de ma première visite, des rabatteurs me proposaient des jeunes filles clairement mineures (sur catalogue, avec les photos de chacune, si si, plus glauque tu meurs). Aujourd'hui les filles qui se baladent avec un occidental à la main ou bien qui vous proposent un «massage» semblent un tout petit peu plus âgées, en tout cas suffisamment pour être majeures.

Mais ça serait caricatural de résumer la capitale thaï à cet aspect mondialement connu. La ville est bien assez grande pour proposer, dans ses innombrables quartiers, des centres d'intérêt moins sordides.

 

     Même si j'ai un gros faible pour les marchés sud américains, ceux d'ici restent réjouissants, avec leurs produits issus d'un autre monde. J'ai aussi aimé déambuler dans Chinatown où les chinois commercent, dans le quartier indien où les indiens prient.

Thailande     Côté visites je me suis contenté de celle du musée national qui présente notamment une belle collection de bouddhas très anciens. J'ai évité les splendides temples découverts il y a 28 ans, car ils étaient bondés d'une foule habillée de noir: le roi est mort et on lui rend hommage partout où on peut se recueillir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

     Au soleil couchant, la grimpette jusqu'au 83ème étage de la tour Baiyoke donne un aperçu impressionnant de la ville, juste avant de la quitter.

 

Thailande

     Pour prendre l'air de la mer on a l'embarras du choix en Thaïlande.Thailande - Phuket C'est à Phuket que j'ai choisi de faire bronzette. J'aurais dû m'y attendre, l'ensemble du monde occidental semble avoir fait le même choix. Dans le genre "concentration-de-touristes-juste-venus-pour-picoler-et-bronzer-comme-des-nazes" j'ai mis tout de suite la barre très haut.
Au premier coup d’œil il n'est pas évident de repérer les coins charmants de Phuket. Au deuxième non plus. J'espérais trouver sur la plus grande île thaï quelques coins charmants malgré la réputation sulfureuse du lieu.
Ici les thaïs n'ont pas hésité à vendre leur âme et leur culture au diable, le Dieu Dollar. On a du mal à trouver du charme aux plages (pourtant belles) tant elles sont polluées de restaurants tous identiques et de bars où les filles (thaïes) devront se trémousser à la nuit tombée. À ce petit jeu racoleur, Patpong détient la palme du mauvais goût et du vulgaire. La location d'un scooter permet toutefois de dénicher quelques plages qui, si elles ne sont pas idylliques, restent agréables. Il y en a même qui se lovent dans de petites baies abritées des grosses vagues du golfe de Siam.


Donc j'ai fait trempette.

Et puis il était temps d'aller voir ailleurs.