(publié le 17 Mars 2016)Carte ciudad perdida

 

 

 

 

 

     Depuis l'extrême sud du pays, c'est par sauts de puce et étapes très courtes que j'ai rejoint le nord de la Colombie. 2 trajets en avion suivis de 2 heures de bus m'ont amené à Santa Marta, cité balnéaire de la côté caraïbe.

 

 

 

 

 

 

 

     A la mi-journée, et malgré la brise marine, la ville est écrasée de chaleur. C'est plutôt au matin ou bien assez tard l'après-midi qu'il fait bon traîner dans les rues (parfois piétonnes) dont quelques unes ont conservé une belle architecture coloniale et des maisons joliment colorées.


 

     Ça saute aux yeux très vite: la Colombie parait beaucoup plus moderne que les pays sud américains d'où je viens (Pérou, Bolivie, Équateur). Les gens, habillés à l'occidentale, passeraient facilement inaperçus dans nos villes, leurs voitures - souvent japonaises - aussi. Les plages, une petite marina et un port industriel à peine excentré qui accueille aussi les paquebots forment le front de mer. De grands immeubles attendant leurs premiers occupants y poussent comme des champignons. Les bars et restaurants du malecon (promenade en front de mer) affichent complet le week-end et, malgré l'affluence, les lieux restent raisonnablement propres (on le remarque immédiatement lorsqu'on voyage depuis 6 mois en Amérique du sud). Contrairement à ce que pourrait laisser croire la sale réputation du pays, les gens semblent très détendus et l'ambiance est bon enfant. Santa Marta c'est un peu le Palavas-les-flots colombien.

On se rend également vite compte que l'histoire du pays en a fait un lieu de métissage extrême, un peu à l'image de La Réunion en ce qui concerne les français. La palette des couleurs de peau va du blanc bien de chez nous (ascendances espagnoles) au "noir ébène" (descendants des esclaves africains) en passant par tous les cafés au lait possibles.

 

     Je suis comme vous : Palavas ou La grande Motte ça va Indiana jonesun peu, mais faut pas en abuser. Et si je suis venu si rapidement dans le grand nord colombien c'est pour prendre de vitesse la saison des pluies qui me suit de près et ainsi profiter pleinement d'une balade dont le seul nom fait déjà rêver. Si vous êtes comme moi fan de Tintin, de l'homme de Rio, et d'Indiana Jones il est évidemment impossible de passer à côté de la Ciudad Perdida - la cité perdue - sans y faire un tour. Le programme affiché dans les agences refroidit quand même les ardeurs : on me promet des pentes abruptes, un soleil de plomb et des moustiques morts de faim pendant 4 jours, sans compter les nuits dans des dortoirs au confort sommaire.

 

 

     2 jours plus tard, crapahutant et suant toutes les larmesCiudad perdida, le trek de mon corps, je devais me rendre à l'évidence : les agences de voyages de Santa Marta n'ont rien exagéré. Ce qu'elles n'ont pas dit c'est que le trek est une usine à touristes, bien que sa difficulté sélectionne les aventuriers en herbe qui s'y frottent. Pendant 4 jours, tout au long du chemin, on suit ou on croise beaucoup de monde. Mais ce serait être rabat-joie que de s'en tenir à ce seul aspect de la balade. Car la forêt qu'on traverse, les paysages qu'on entrevoit, et les piscines naturelles dans lesquelles on pique régulièrement une tête sont splendides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ciudad perdida, le trek

     Après 2 jours de grimpettes abruptes qui succèdent à des Ciudad perdida, 1200 dernières marchesgrimpettes très abruptes, et autant de suées, il ne reste plus que 1200 marches d'époque à escalader.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     On atteint enfin le graal.

Ciudad perdida, la cité

     La cité antique se présente comme une succession d'escaliers et de plates-formes circulaires dont la jungle rêve de reprendre possession. Elle a été construite pas les indiens Tayronas qui n'ont pas manqué l'occasion de se faire exterminer par les conquistadors, au XVIème siècle. Avant cela, la cité accueillait jusqu'à 4000 habitants. Les ruines (et quelques beaux objets visibles dans un musée de Santa Marta) ont tout de même été préservées. Les rayons du soleil qui les éclairent à travers la végétation épaisse donnent un petit côté fantastique au décor. Bref, on oublie vite ses souffrances et mes 13 compagnons de route ont été comme moi enchantés du trek malgré les efforts.

     Le retour ne se fait cependant pas sans peine, il faut 1 journée et demie de marche pour retrouver le petit bourg de Machete point de départ du trek ("Machete" car les litiges se réglaient il y a encore peu de temps à la machette, dans cette région historiquement très productrice de drogue...).

 

 

 

Comment trouver la cité perdue ?

 

     4 agences de Santa Marta se partagent les touristes qui partent à la découverte de la cité. Elles proposent toutes le même parcours, dans les mêmes conditions et pour le même prix (700.000 pesos soit 200€ pour 4 jours et 3 nuits, incluant les nuitées, tous les repas et encas, la rétribution des 2 guides qui vous accompagnent mais aussi des indiens dont on traverse les propriétés). Les repas sont très corrects et nos 2 guides (Enrique et Juan-Diego) sympas et compétents. Mon groupe était constitué de 14 personnes. Ça commence à faire mais ça reste raisonnable. Il y a par contre un grand nombre de groupes qui se suivent ou se croisent.

La ciudad perdida, qui n'a été découverte par les chercheurs occidentaux qu'en 1972, n'a plus rien de perdue aujourd'hui. L'an dernier plus de 19.000 touristes courageux y ont accédé.

 

La cité perdue, pourquoi ne pas y aller seul ?

 

     La sierra Nevada, où se situe le ciudad perdida, est aujourd'hui le territoire réservé de 4 tribus indigènes.

C'est une des raisons pour lesquelles l’accès à la cité n'est possible qu'en groupes organisés qui cheminent sur des chemins autorisés par les indiens. Selon leurs légendes, cette chaîne de montagne est le cœur du monde. Il s'agit donc à leurs yeux d'une région sacrée. Ils y vivent traditionnellement dans des cases. Les 2 pics en bois qui surmontent la case concentreraient l'énergie du cosmos vers la terre (ouaip, c'est pas d'hier que la Colombie est un grand producteur de drogues dures). Les hommes et les femmes vivent séparément : cases à 2 issues pour les hommes, 1 seule porte pour les femmes. Les morts sont enterrés sous la case avec une quantité de bijoux et offrandes proportionnelle à leur importance.

N'espérez pas faire copain avec ces indiens qui vous montrent bien qu'ils ne font que tolérer les touristes sur leur territoire.

 

 

 

 

Ciudad perdida, l'équipe internationale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ciudad perdida

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ciudad perdida, village indien

Commentaires (5)

Po
  • 1. Po | 29/03/2017
Ca donne envie mais fait un peu peur aussi ! Je ne suis pas une grande sportive mais motivée. Faut-il être entraînée pour réussir ce trek ?
Didier
  • 2. Didier | 20/03/2016
Réponse @Filou:
Ouaip ! Malgré l'affluence c'est effectivement à faire. Et puis il y a les difficultés mais aussi les bons moments (les piscines !!! )

Réponse @Coralie:
Je m'étais promis de ne plus jamais oublier mon maillot alors tu penses bien que....
Ah ben si. Je l'ai ENCORE oublié

Mais cette fois je n'ai pas hésité d'autant que j'avais un joli slip

Réponse @Nathalie:
Aaaaah le port du plomb ! Y'a tout de même moins de jungle dans le coin (banlieue rochelaise pour ceux qui ne connaissent pas) mais sympa aussi. Dans un autre genre (j'ai des photos du Plomb sur mon portable )
nathalie
  • 3. nathalie | 20/03/2016
Coucou j aurais peur pour mes mollets mais cela doit etre grandiose on doit se sentir petit bon sejour en colombie fais attention a toi comme même à bientot moi aussi je fais mon treck tous les dimanches une marche nordique direction le petit port de plomb....
Coralie
  • 4. Coralie | 18/03/2016
Sympa les lieux de baignade!!
Tu avais ton maillot cette fois?
Ou un slip présentable?
filou
  • 5. filou | 18/03/2016
voilà un trek qui me plairait beaucoup malgré les difficultés !
superbe, bon tant pis s'il y a des touristes !

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