(Publié le 8 novembre 2015)Equateur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Le « guide du routard » dit de Vilcabamba : « Dès qu'on y arrive, on a envie de poser son sac et d'y rester quelque temps ». Je l'ai pris au mot, et je suis resté 10 jours dans cette petite ville du sud équatorien. Mon premier vrai gros stop depuis mon départ d'Europe.


Vilcabamba

 

 

     Vilcabamba est un repère de jeunes et de vieux, de Vilca arcadessoixante-huitards (2ème et 3ème générations confondues) et de petits bourgeois, de locaux, de touristes et d'expatriés. Tout ce petit monde semble cohabiter en bonne intelligence.
Vilcabamba  c'est le Le Vigan* équatorien : 5000 habitants, les montagnes autour, un parc national à côté, les rivières à truites à proximité. Elle pousse loin la ressemblance au point d'avoir elle aussi ses épisodes cévenols, je veux dire évidemment ses pluies équatoriales, aussi abondantes et soudaines qu'elles peuvent l'être sur les versants sud des Cévennes, j'en ai été témoin (Je n'aurais pas voulu être à la place des campeurs qui séjournaient ce jour-là en bord de rivière). Il y a 2 signaux forts qui indiquent que l'altitude est (un peu) moins élevée qu'ailleurs : On sent tout de suite qu'il fait meilleur, plus chaud mais sans excès car on se trouve tout de même à 1700 mètres. Et pour la première fois au cours de ce voyage, les moustiques s'en donnent à cœur-joie sur mes mollets.

 

 

 

 

 

     La présence des moustiques, même si ils ne pullulent pas, et l'absence de Batido de mora (lait frais mélangé à des mûres, miam) sont les 2 seuls griefs que j'ai à exprimer sur ce séjour. La place centrale du village est accueillante, verdoyante et ceinturée de bars, restos et petites boutiques qui trouvent refuge sous des arcades. La vie semble bien paisible, juste un peu bousculée par l'afflux des gens de la grande ville proche (Loja) qui viennent le week-end profiter de son air pur - fabrique à centenaires dit la légende -. Ça n'est pas un hasard si tant d'occidentaux se sont installés ici.

 

     La découverte des environs est un bon prétexte pour se défaire de la surcharge pondérale qui se voit tout de même un peu le matin devant la glace de la salle de bain.

 

Depuis le parc national

 

 

 

     J'ai gambadé à 3 reprises pour des balades conséquentes, d'abord dans la toute proche réserve Rumi Huilco (2 heures), puis à l'intérieur du beau Parc National Parc nationalPodocarpus, du nom d'un arbre endémique (2 fois 5 heures). Autant le dire, j'ai souffert dans quelques pentes ardues et pour couronner le tout je n'ai pas manqué de me perdre une fois de plus, rallongeant d'autant mon chemin de croix. J'exagère évidemment un peu, d'autant qu'à la vue des paysages et à la découverte de plantes inconnues, j'ai oublié les efforts consentis. Pas grand chose à se mettre sous la dent côté animaux, en particulier mammifères, mais les lepidoptérophiles - les amoureux des papillons, ha là là faut tout vous apprendre - sont gâtés. Ce ne sont malheureusement pas les animaux les plus faciles à prendre en photos. A 3000 mètres d'altitude des oiseaux chassent les mouches embêtantes et c'est bien. Ils volent un peu comme les hirondelles, sont plus gros quand même, et se distinguent par leur collier blanc qui se détache bien de leur plumage noir. Vous les reconnaîtrez facilement sur le diaporama ci-dessous, c'est la photo toute floue...(que les amateurs éclairés n'hésitent pas à nous faire partager leurs lumières à ce sujet, et notamment donc le nom de ce piaf).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Ça fait plus de 30 ans que j'ai compris que le vélo ça n'est définitivement pas un truc fait pour moi, Truitesn'empêche c'est plus fort que moi, je m'y remets de temps à autres. Et dans ces régions montagneuses c'est pas malin. Oublions mon agonie sur les pentes à facile 2% pour ne retenir que le plaisir, un chemin en bord de rivière, celui qui mène au restaurant « Las truchas ». C'est un lieu comme un jardin, au milieu de nulle part. On passe facilement du temps ici, à simplement profiter de la nature et du bruit de la rivière, en oubliant les souffrances endurées, et à déguster car « las truchas » n'a pas choisi son nom au hasard. La truite (trucha) est un animal qui cumule les bons points : je l'aime car elle ne fait pas le bruit des 4X4 diesels qui abîment ce pays, même quand il y en a plusieurs centaines réparties dans les différents bassins de la propriété. Et puis une fois dans l'assiette, je l'aime plus encore.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Sur le chemin du retour, 1 km avant le village, je me suis arrêté à une petite épicerie où une bière bien fraîche me tendait les bras. Le vieux monsieur de l'épicerie m'a gentiment autorisé à la boire devant son magasin, assis sur un de ses chaises de jardin, à l'ombre du citronnier. Après tous ces efforts j'avais un peu mal aux jambes mais, aidé par ma Pilsner, je gérais bien. Je refaisais le monde, le mien en tout cas, sous ce citronnier dont l'épicier se moquait apparemment de récolter les fruits qui mûrissaient trop.

 

Je me suis dit que je passerais bien ma retraite ici. Peut-être même sous ce citronnier.
Ou bien dans n'importe quel ailleurs qui soit autant hospitalier.

 

 

Colibri

 

 

 

 

 

 

*Le Vigan, la plaisante bourgade cévenole où j'ai habité quelques années, et où certains d'entre vous ont des souvenirs de feux de bois dans la cheminée, de genêts odorants, de balades en montagne, de baignades en rivière, ou d'apéros et de barbecues tranquilles après le marché du samedi.