(Publié le 17/09/2015)

     Au Nicaragua les volcans poussent comme des champignons.
On en voit pas mal, certains alignés en chaîne, depuis les autobus qui nous permettent de sillonner le pays.

Volcan sur Ometepe

     Granada est construite tout près d'un de ces mastodontes qui n'est malheureusement pas le plus beau. La ville se rattrape d'elle-même : l'ambiance y est vraiment calme, on chemine tranquillement dans le quadrillage des rues. J'allais dire que l'atmosphère est vraiment agréable mais il ne faudrait pas se méprendre car si on parle de météo, il faut se rendre à l'évidence : nous n'avons pas choisi le meilleur moment de l'année pour visiter le pays. Ici, en septembre, c'est la saison des pluies. Ca donne tous les jours des ciels nuageux, un air chaud et moite qui vous fait regretter la douche 10' après la précédente et évidemment, comme son nom l'indique, une grosse averse quasiment chaque après-midi.

 

Tuile Granada

     C'est probablement cette humidité ambiante qui a donné ces jolies teintes aux tuiles des maisons du centre ville, orange bistre et noir. Là un grand nombre de maisons ont été restaurées et l'architecture coloniale bien mise en valeur. Les intérieurs s'organisent autour d'un grand patio et seules les chambres sont des espaces clos. Les cuisines, salles à manger et salons sont certes couverts mais aussi grands ouverts sur ce jardin intérieur le plus souvent bien entretenu.

Enfin entendons nous bien : je vous parle des maisons du centre ville, celles qui ont été rénovées, probablement le plus souvent par des occidentaux expatriés. Car il ne faut pas marcher très longtemps pour longer des quartiers beaucoup moins reluisants où la tôle ondulée, le carton et donc généralement le brinquebalant dominent. Rues GranadaIl n'y a pas de miracle : nous avons lu que 40% de la population vit avec moins de 2€/jour et dans ces conditions on peut imaginer que l'essentiel des « ressources » est consacré à l'alimentation et à l'habillement.

N'empêche, nous ne sentons d'insécurité nulle part et les gens font finalement très peu cas de nous. Dans ces quartiers pauvres nous nous sommes attablés à une « cantine ». Il ne faut pas être regardant sur l'hygiène mais au final ce qu'on a dans l'assiette est aussi bon et moins cher que ce qui est servi dans les restos à touristes.

Le point commun à tous ces pays au niveau de vie très modeste ou même bas, c'est la crasse. Le Nicaragua n'échappe pas à la règle. On se dit quand même que ça ne coûterait pas cher à la municipalité de faire nettoyer les abords du lac, juste immondes. Quant au marché central il rivalise sans problème avec le pire de ce que peut proposer l'Inde, c'est peu dire.

     Depuis Granada quelques kilomètres de bus local permettent de rejoindre les pueblos blancos qui n'ont pas grand chose de blanco mais tout de même un air bien plus frais et supportable. Du mirador de Catarina -un de ces villages (pueblos)- la vue est imprenable sur le cratère tout proche, désormais occupé par un lac. Le top c'est de se payer un taxi, en l'occurrence un tuk-tuk pour descendre jusqu'à la rive et profiter de la plage. C'est pas la classe de se baigner dans le cratère d'un volcan ? Probablement, mais comme les 2 loosers que nous sommes n'avaient pas leurs maillots, ça restera du domaine du fantasme.

Dans le cratère

     Une centaine de kilomètres de bus et 1h30 de ferry (le genre de ceux qui, le jour où ils chavirent, font la une des journaux occidentaux) nous mènent sur la plus grande île au monde située sur un lac : Ometepe. On est alors bien loin de la ville : Moyogalpa n'est qu'un gros bourg. On se doute que le tourisme fait vivre pas mal de monde mais heureusement ici on vit de peu, car les touristes ne sont quand même pas légion en tout cas en cette saison. Ce qui attire à Ometepe ce sont les 2 volcans qui dominent l'île. Les plus intrépides en font la grimpette. Je n'ai jamais été trop fan du défi que-je-me-lance-à-moi-même, et ce ne sont pas les 32° et les 90% d'humidité ambiante qui me feront changer d'avis : nous nous sommes abstenus. Belles tetes de vainqueursIl y a de toute façon de quoi s'occuper sur l'île de façon beaucoup plus zen : louer une moto par exemple et parcourir la route principale le nez au volant et un casque ridicule vissé sur la tête. Au pire, quand on s'égare (fallait le faire, il n'y a qu'une seule route : on l'a fait !) on visite un des petits hameaux qui jalonnent le parcours. On peut aussi visiter une « finca ». Les fincas sont des propriétés agricoles.Celle de Magdalena par exemple cultive le café en saison. Mais il est écrit qu'on a tout faux au niveau des saisons, nous nous sommes donc rabattus sur une balade en forêt à la recherche de quelques uns des centaines de pétroglyphes disséminés sur l'île. Cette fois-ci nous avions toutes les bonnes raisons de nous perdre, ce que nous n'avons pas manqué de faire. Par chance, nous avons été remis dans la bonne direction par un autochtone croisé par hasard, portant son régime de banane, et d'autant plus sympathique qu'il était armé, comme tout le monde ici, d'une énorme machette.

Les guides vous annoncent quelques plages au top du romantisme et voilà donc une notion qui n'a pas la même valeur sur tous les continents. Si j'ai entrainé Coralie sur la pointe Santa Maria ce n'était clairement pas pour lui faire la cour mais dans l'espoir d'un bain un tant soit peu rafraîchissant. Le sable noir et l'eau brune nous on vite convaincu : ce serait un bain...de soleil dont nous sommes revenus tous cramoisis.

Finca

 

 

Notre meilleur souvenir sur Ometepe restera la visite improvisée à la paillote Samaritana. Là dans un petit resto tout en bambou nous avons dégusté notre « comida corriente », devant le jardin et face au lac. L'endroit est propre (un exploit ici), calme, et les quelques emplacements charmants proposés nous auraient presque fait regretter de ne pas avoir emmené de tente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Garde-à-vous !!
Coralie essaie une nouvelle robe

 

 


En terrasse
Didier essaie une nouvelle terrasse

 

 

 

 

 

 

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