(Publié le 5 juillet 2017)Iran shiraz

 

 

 

 

 

 

 

     Nous poursuivons notre route. En 3 heures 30 de trajet de taxi, Sur la routedifférents déserts défilent: Des plaines sans fin, des montagnes aux pentes abruptes, des collines aux courbes douces, des lacs salés, du gris du noir du brun du rose, de la végétation rabougrie ou un sol pierreux et brûlant. On est parfois dans un des grands déserts nord-américains, plus loin quelque part en Egypte, ou encore dans le désert d'Atacama. On parle de traversée du désert mais il serait plus juste de parler des déserts. Et dans ces environnements hostiles à l'extrême quelques oasis, vertes, quelques parcelles cultivées, et des gens dedans, dont il semble vain de trouver la motivation à vivre-là.

 

     À lire trop les guides avant d'y être, on déflore parfois un peu les émotions ressenties à la découverte d'une nouvelle destination. Par chance ça n'a pas été le cas pour Yazd. Cette ville de 450.000 habitants a été une belle surprise à laquelle nous ne nous attendions pas.

     Qu'il est plaisant de se balader dans les ruelles bordées de hauts murs de pisé, de s'y perdre, de tomber par hasard sur de petites échoppes qui vendent de beaux objets d'artisanat local ou bien sur des bars ou restaurants qui occupent de belles terrasses sur les toits et vous servent quelques plats d'aubergines succulents. De là la vue est splendide sur la ville, les grands minarets qui la hérissent et puis cette forêt de "cheminées", en fait des "capteurs de vent" qui permettent de rafraîchir l'intérieur des maisons et des bâtiments.

     Nous serions bien restés un peu plus longuement dans cette ville qui ne possède pas de site touristique majeur mais où l'ambiance paraît peut-être plus détendue qu'ailleurs.

Nous avons donc poursuivi notre route en joignant l'utile - filer vers Shiraz - à l'agréable - la visite de sites archéologiques -. Au premier d'entre eux, Pasargadae, nous nous sommes contentés de jeter un oeil à un énorme tombeau. En tant que météorologiste, je ne pouvais pas rater la sépulture d'un roi qui s'appelle Cyrus (le grand). Le deuxième site est tout de même nettement plus intéressant: à Naqsh-e Rostam, 4 tombes ont été creusées dans une falaise il y a plus de 2000 ans.

Persepolis

     On n'accède pas aux tombes elles-mêmes mais le site est très impressionnant, d'autant qu'au pied de chaque tombeau de splendides bas-reliefs ont été sculptés. Les photos parlent d'elles-mêmes. Joli, non ?

 

 

 

 

Quelques minutes de taxi plus loin, on arrive Persepolisenfin au site archéologique le plus fameux en Iran.
 

     Persépolis a connu son heure de gloire entre le 5ème et le 3ème siècle avant JC, et surtout avant qu'Alexandre le grand (qui se la joue tout petit sur ce coup-là) détruise la cité. De la capitale de l’empire perse achéménide il ne reste donc que des ruines mais, notamment, de belles colonnes et des bas-reliefs splendides font tout l'intérêt de la visite. Une belle étape historique dans notre voyage.

     Nous attendions beaucoup de Shiraz mais sur place nous avons regretté Yazd. Ça ne veut pas dire qu'elle n'a rien à offrir. Il y a de beaux bazars à y voir avec comme toujours un artisanat très sympa qui jouxte le top du kitch, le genre de cadeaux qu'on ne ferait pas à son pire ennemi.
Ce que nous retiendrons de Shiraz c'est avant tout la visite d'une mosquée (Shah-e-Cheragh) et d'un temple (Seyed Alaedin Hossein), annoncés par les 2 guides papiers que nous trimballons comme "pas visitables par des non-musulmans". Il suffit en fait de s'approcher pour être pris en charge par des guides (gratuits), et de se plier à certaines règles. Notamment, obligation a été faite à Valérie d'enfiler un tchador, c'est à dire le grand voile qui recouvre tout le corps et ne laisse apparaître que le visage.

     Cette expérience n'a pas emballé Valérie, heuuu enfin justement si...elle s'est sentie empaquetée, avec surtout l'impression de perdre son identité, l'impression d'être le canari sur la cage duquel on pose un voile pour qu'il cesse de chanter, bref, un truc désagréable.

     L'intérieur de ces 2 édifices est très semblable et absolument magique: les murs sont entièrement recouverts de centaines de milliers de petits miroirs. Lorsque les lustres sont allumés cela donne une ambiance irréelle et fabuleuse. De nombreux musulmans prient dans de grandes salles au sol de marbre recouvert des tapis traditionnels. Nos guides nous ont "exceptionnellement" autorisé à prendre quelques photos et surtout nous ont permis d'en savoir un peu plus sur la religion musulmane chiite, largement majoritaire en Iran (les chiites ne représentent que 10 à 15% des musulmans du monde, l'Iran est le seul pays du monde où cette proportion est inversée par rapport aux sunnites).
     Shiraz compte aussi quelques parcs où il est agréable de trouver un peu de verdure et une relative fraicheur. Le plus petit que nous ayons vu abrite le tombeau d'Afez, poète iranien du XIVème siècle. Difficile pour nous d'imaginer un auteur du Moyen-Âge qui soit autant adulé. Les Iraniens viennent par milliers se recueillir ici, toucher la pierre tombale, dire une prière et probablement réciter quelques vers appris à l'école.

     L'unanimité que fait Afez est tout à fait étonnante dans une société iranienne d'aujourd'hui où les interdits sont nombreux. Dans ses poèmes il faisait notamment  l'apologie de l'amour charnel et du bon vin. Je vous laisse juge:

 


"Laisse-nous passer par la route de la Taverne !

Pour une gorgée de Vin, nous avons tous besoin de cette Porte."

Et encore:

"Puisqu'au Premier jour nous parlâmes de libertinage et d'amour,

Nous ne devons suivre d'autre voie que cette conduite"
 

     Enfin, puisque ça n'est pas tous les jours que je termine un article par un peu de poésie, je vous rajoute pour finir une petite pensée d'Afez, version perse de notre célèbre "carpe diem":

 

 

 

 

"Il est 2 jours dont je ne me suis jamais soucié :

le jour qui n'est pas venu et le jour passé."

Commentaires (4)

Didier
  • 1. Didier | 04/08/2017
Réponse @M. Prieur:
Par chance il reste encore beaucoup de beautés à voir sur terre. Je crains même de ne pas avoir assez de 2 ou 3 vies pour en profiter.
Prieur (voisin de Coralie)
  • 2. Prieur (voisin de Coralie) | 02/08/2017
Que de belles photos! En fait ,que de beaux sites! Le monde est plein de beautés que certains prennent plaisir détruire.
Didier
  • 3. Didier | 02/08/2017
Réponse @Valérie:
l'Iran est à mettre de toute urgence sur ta liste de trucs à faire. Et encore je n'ai pas parlé de mon plus gros coup de cœur. Ça sera pour mon prochain post. Bises.
Valérie
  • 4. Valérie | 01/08/2017
Cette partie du voyage me plaît beaucoup. On a juste envie de rester assis dans un coin et profiter longuement du temps présent. Carpe Diem. Bisousss

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