(Publié le 30 Juin 2017)Iran

 

      Madjid, le taximan qui nous a amené de Kashan à Ispahan, a un triste privilège. Juste avant l'entrée dans notre ville de destination, il nous fait remarquer de grands portraits qui jalonnent la route. Parmi ces portraits, son père - général nous dit Madjid - tombé "au champ d'honneur" lors de la guerre Iran-Irak. Notre chauffeur est donc pupille de la nation et nous montre pour preuve la collection de cartes qui lui permettent d'obtenir la gratuité pour tout un tas de services.
Madjid, qui se dit homme d'affaires, nous dépose à notre hôtel et repart vers Kashan où probablement de nouveaux plans  l'attendent.


     Au milieu d'un immense plateau désertique, à plus de 1500m d'altitude (l'intérieur du pays est rarement à moins de 1000m), Ispahan est une ville de plus de 2 millions d'habitants qui abrite quelques trésors qu'il serait de mauvais goût de rater.

Ispahan

     Naqsh-e Jahan, en plus d'être une des plus grandes places du monde (12 hectares et plus de 500m de long), est très belle. En fin de journée elle est noire des familles qui viennent profiter de la fraîcheur revenue au bord du grand bassin et pique-niquer sur les zones engazonnées . C'est à l'extrémité nord que se trouve la grande porte qui donne sur le bazar. Il est immense, moins coloré que celui d'Istanbul que vous connaissez peut-être, mais à coup sûr plus authentique. Les étals de bijoutiers se succèdent, puis ceux réservés à la porcelaine... D'immenses allées sont dédiées aux vendeurs de tapis, tissés en Iran depuis plus de 1500 ans.


 

     À l'extrémité opposée de la place a été bâtie, voilà plus de 400 ans, la mosquée du Shah (c'est à dire du roi), la plus belle que nous ayons vue jusqu'à présent.

Ispahan

     Les mosaïques aux tons verts, bleus et jaunes (la nature, le ciel et le soleil), tapissent les murs, la coupole et les immenses portes (Iwan). Les balcons de bois qui coiffent les minarets rajoutent à leur beauté, c'est juste splendide.
Ispahan, dont les anciens Perses disaient qu'elle était à elle-seule la moitié du monde, est traversée par la rivière Zayandeh.

Ispahan

     Certains des ponts qui l'enjambent, pluri-centenaires, ont un charme incroyable. Les habitants - les Esfahanis - s'y retrouvent en fin de journée ou bien s'allongent auprès des belles promenades aménagées sur les rives. L'ambiance est familiale et bon enfant, décidément on est ici à mille lieux de l'image "axe du mal" que G.W. Bush a voulu donner au pays.

 

 

 

     La route 2x2 voies qui file d'Ispahan à Na-In est une hallucinante ligne droite de 150kms. Nous l'avons parcourue à fond de train en taxi (120.000R/pers soit...3€ !) et ça n'est pas plus mal car le désert traversé est (le plus souvent) plat et ennuyeux.

Sur la route de Garmeh

 

     Après une nuit dans un hôtel perdu façon Bagdad café et la visite d'une des plus anciennes mosquée du pays, nous poursuivons avec un autre taxi vers Garmeh (1.500.000R). La route file tout droit dans le décor terne d'un désert gris, sans fin. Surtout ne pas tomber en panne ici. Ce n'est qu'à 35km de notre destination que la route se décide enfin à tournicoter dans le relief qui restait coincé à l'horizon jusqu'à présent.

Sur la route de Garmeh

     Garmeh est une oasis fidèle à l'image que nous ont transmis nos instituteurs ou nos lectures. Une source jaillie de la montagne alimente le bourg.

Garmeh

Garmeh

     L'eau canalisée permet de cultiver de petites parcelles mais ce sont surtout les dattiers que l'on remarque. Et puis les oiseaux, et les moustiques. Maintenant que l'époque des caravanes est révolue on se demande bien ce que font de leurs journées les 260 habitants. C'est en tout cas pour notre plus grand plaisir que l'un d'eux a eu l'idée de restaurer quelques maisons pour en faire un gîte. Cette belle initiative a probablement aidé à sauver le village et nous permet de profiter de l'immensité désertique.


 

     Nous avons notamment grimpé les petites hauteurs toutes proches puis, le lendemain,  fait une excursion à l'écart des derniers hameaux. Perdus dans les dunes de sable ou dominant de beaux canyons,  on profite de ces espaces arides en oubliant le danger qu'ils représentent ( la présence d'un 4x4, même si il s'ensable au franchissement d'une crête, est évidemment rassurante).

Garmeh, sortie dans le désert

Garmeh, sortie dans le désert


     Les déserts sont peut-être les seuls endroits sur la terre où on peut "entendre" le silence. Et tout comme on parle de la pureté de l'eau d'un lac ou bien d'un ciel nocturne, on devrait parler de la pureté d'un silence.

Garmeh, sortie dans le désert

Garmeh, sortie dans le désert

Garmeh, sortie dans le désert

 

 

Ispahan

 

Commentaires (7)

Didier
  • 1. Didier | 11/07/2017
Réponse @Isabelle:
Je ne vais pas être d'un grand secours pour les réponses à vos questions :
En ce qui concerne les animaux et à part les chèvres et les dromadaires (qu'ils mangent) nous n'avons pas vu grand chose.
Pour ce qui est de la vie dans les oasis: nous n'en avons vu qu'une. Là les gens vivaient un peu du tourisme et apparemment aussi d'un peu de culture (dattes, pistaches) mais évidemment rien à l'échelle industrielle. On a surtout croise des vieux qui ne sont plus en âge de travailler donc j'imagine que le coin ne croule pas sous les offres d'emplois.

Réponse @Valérie:
Oui c'est une destination que je recommande vraiment. Pour la nuit passée à la belle étoile il aurait probablement fallu qu'on se rapproche d'un tour operator.

Réponse @Sep:
Je ne te le fais pas dire !

Réponse @Chantal:
Oui, très loin des clichés vehiculés par certaines infos. D'ailleurs les habitants semblent parfois vraiment souffrir de l'image qu'ils ont à l'international.

Réponse @Krut:
Merci Olivier, d'ailleurs mon appareil photo est désormais HS. Je n'ai plus que mon téléphone pour prendre des photos dans ma destination suivante

Réponse @Tony:
Voilà une blague que Valérie m'a sortie 3-4 fois au cours du voyage. Toujours pas compris
Tony
  • 2. Tony | 10/07/2017
Blague mnémotechnique :
- Qu'est-ce qu'un chalumeau ?
- Un dromaludaire à deux bosses !
Krut
  • 3. Krut | 10/07/2017
Superbe !
Et tes photos, toujours tops
Chantal Allais
  • 4. Chantal Allais | 09/07/2017
MAGNIFIQUE
Une toute autre image de l' Iran
A bientôt
Sep
  • 5. Sep | 09/07/2017
Esfahan, nesfe jahan :)
Valerie
  • 6. Valerie | 09/07/2017
Tu m'as décidément convaincue ! Ce seront aussi des destinations de mon futur voyage en Iran. Et puis tu parles très bien de ce silence impressionnant du désert que je connais bien. Le plus aurait été une nuit à la belle étoile entre les dunes. Cest encore plus magique. Bisou
Isabelle
  • 7. Isabelle | 09/07/2017
Magnifique! Le désert m'attire aussi: cela doit être magique ces immenses étendues, ces dunes à perte de vue et "l'écoute du silence". Une ou deux questions: si oui, quel type de faune avez-vous pu voir? Et de quoi les gens habitant les oasis vivent-ils: de l'agriculture grâce à leur système de canaux mais quoi d'autre?
Enfin les photos des villes visitées sont bien loin des idées reçues et de toute beauté!

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