(Publié le 15 juin 2017)Pologne cracovie

 

 

      Sur la route de Cracovie, je tenais à m'arrêter à Oswiecim. Ce nom là ne dit rien à personne alors que sa traduction allemande est connue de tous: Auschwitz.

 

 

     On parle parfois du "poids de l'Histoire", cette expression prend tout son sens dès l'entrée du site, avec notamment le passage sous le tristement célèbre portique qui indique "arbeit macht frei" (le travail rend libre). La visite n'apporte finalement guère plus d'informations que tout ce que nous avons appris au collège, au lycée ou dans les livres. Mais on y est, dans ce camp de concentration où le plus grand génocide de l'histoire a été commis. Et, autrement que par les chiffres effroyables, on y approche quelques unes des innombrables victimes (vraisemblablementAuschwitz, Birkenau entre 1.000.000 et 1.500.000 dans ces seuls lieux selon les historiens). Certains(es) y verront peut-être un besoin morbide, mais moi j'ai besoin de mettre des visages et des noms sur ces chiffres. Les photos de prisonniers couvrent certains murs mais, par exemple, le pavillon dédié à la France a choisi de les présenter dans leur vie d'avant la tragédie. Une approche qui rend leur humanité à des personnes rabaissées au rang de bêtes numérotées dans le camp. Les bâtiments sont encore debout, les miradors et les rangées de hauts barbelés ont été préservés aussi. J'avoue être passé rapidement dans les passages les plus durs: la seule chambre à gaz encore intacte, la salle des fours crématoires attenante, mais aussi une salle où sont exposés des mètres cubes des cheveux des prisonniers qui étaient rasés à leur arrivée.

 

     On parle d'Auschwitz comme du lieu d'extermination le plus "actif" au cours de la seconde guerre mondiale mais c'est plus encore à  Birkenau, à 3 kms de là, que la gigantesque tuerie a eu lieu. Alors que le camp d'Auschwitz est situé dans la ville, Birkenau a été construit à l'écart. Le site est immense. C'est ici que les convois ferroviaires arrivaient, que les gens étaient triés entre ceux qui allaient travailler (et finalement mourir de malnutrition, de maladie, exécutés...) et ceux qui allaient être immédiatement gazés (tous les vieux, tous les jeunes enfants, mais aussi une grande partie des femmes et des hommes que les nazis "sélectionnaient"). Sur ce site environ 300 baraquements abritaient parfois plus de 100.000 prisonniers. Des 4 crématoires et des chambres à gaz il ne reste que des ruines : les nazis les ont détruits au moment de leur évacuation devant l'imminence de l'arrivée des Russes. Cependant, Auschwitz et Birkenau ont été assez préservés pour que leurs visites soit une plongée très émouvante dans le pire de l'Histoire.

      60kms plus loin, à Cracovie, on peut ne pas complètement oublier cette tragédie avec, par exemple, la visite du musée "Schindler". Même si on s'y bouscule un peu trop, c'est très instructif sur la vie en Pologne avant guerre, l'arrivée des nazis, la répression et la construction du ghetto, puis la libération du pays (qui comptait à l'époque la plus grande diaspora juive dans le monde). Une partie est  consacrée à l'action d'Oskar Schindler, richissime allemand sauveur de plus d'un millier de juifs et que le film "la liste de Schindler" a rendu célèbre auprès du grand public.


     Cracovie  ne se résume évidemment pas à ça. C'est une ville très agréable où les touristes et les étudiants mettent beaucoup d'animation. La place centrale (le Rynek), bien que très agréable, est toutefois moins jolie que celle de Wroclaw.
 

     Nous avons passé 3 jours ici, en ratant quelques musées car ils ont la fameuse manie de fermer tôt. À l'image de St Denis pour la France, et parce que Cracovie a longtemps été la capitale du pays, la cathédrale abrite les tombeaux de quelques têtes couronnées. J'adore ces pierres tombales. La Pologne croule sous le nombre d'église et Cracovie n'échappe pas à la règle. Là dedans, Jean-Paul II est la grande star. Il y a aussi quelques châteaux, celui de Cracovie ne m'a pas bouleversé mais donne une idée du faste de l'époque. Ces visites nous ont donc occupé un temps et puis nous avons poursuivi notre route.

Commentaires (5)

Isabelle
  • 1. Isabelle | 08/07/2017
Même si je comprends l'intérêt de ces visites qui rappellent ces histoires tragiques, je ne me sens pas capable d'aller dans ces lieux! Je crois que je craquerai en constatant de visu ce qui s'y est passé.
Et comme Prieur, je suis plutôt pessimiste quant à l'avenir. L'homme n'a plus de mémoire sur le plan de l'histoire et c'est désastreux...
Je constate aussi que adorez toujours les marchés: nous sommes rentrés de voyage il y a 3 jours et avons vu à Bergen le marché aux poissons mais également aux fruits: dés que nous aurons traité les photos (plus de 5 000) de Stockholm direction le Spizberg, je vous en enverrai quelques unes. A bientôt
Didier
  • 2. Didier | 16/06/2017
Réponse @Filou:
Ouais, c'est clairement pas le genre d'endroit où on va jouer des claquettes... D'un autre côté, comme je le dis dans l'article, je ne me voyais pas passer à proximité sans visiter ces lieux où le pire a été commis.

Réponse @Tony (en complément de ma réponse @Filou):
De mon côté c'est tout l'inverse sans que je sache vraiment d'où me vient ce besoin de visiter ces endroits pleins d'histoire(s) tragique(s), les châteaux cathares, les champs de bataille de Verdun, Iroshima, les camps de la mort cambodgiens, les camps d'extermination nazie...
Je sais qu'un jour j'irai voir les lieux du débarquement, ou Oradour sur Glane...
Autant je suis extrêmement attiré par les beautés naturelles de la Terre, autant je trouve fascinante l'histoire de l'homme, même lorsqu'elle passe par le tragique (trop souvent malheureusement). Et c'est pour moi comme un besoin d'en suivre les traces quand j'en ai l'occasion. Dans cet ordre d'idée (et en moins triste), je rate rarement la visite d'un musée archéologique un tant soit peu renommé, d'un château renaissance, d'une grotte autrefois habitée...

Réponse @M.prieur (en complément de mes réponses précédentes):
Et oui, c'est une vraie question: aujourd'hui sommes-nous assez "civilisés" pour que de tels actes ne soient plus jamais commis en Europe, par des européens (Il y a des régions du monde où malheureusement la question ne se pose pas encore, quelle tristesse...). On veut croire que la construction de la communauté européenne, les contre-pouvoirs que peuvent être les médias, la culture et l'éducation sont des remparts efficaces. Mais est-ce vraiment le cas ?
Prieur (voisin de Coralie)
  • 3. Prieur (voisin de Coralie) | 16/06/2017
Bonjour,
Quand on pense qu'un peuple dit "civilisé" ait pu commettre de telles atrocités, on peut se poser des questions quant à l'avenir.
Heureusement le reste de vos visites rend un peu plus serein.
Bonnes futures visites et au plaisir de vous lire à nouveau.
Tony
  • 4. Tony | 15/06/2017
En post-doc en Allemagne peu après la chute du mur, et de passage à Munich sur invitation de mon employeur, j'ai eu 2 options pour les visites culturelles : Dachau ou le Deutsches Museum. Courageusement j'ai préféré le génie industriel germanique : ma visite du musée de la résistance à Besançon, adolescent, a fait de moi un pacifiste. Peace and love : bizarrement, à peu de chose près le logo de Mercedes. Un bon sujet pour le bac philo, non
Filou
  • 5. Filou | 15/06/2017
toujours émouvant ces visites de camp; un peu la boule au ventre quand même

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