(Publié le 20 Mai 2017)Florés Tikal

 

 

      On ne peut pas dire de Florès qu'elle est la porte d'entrée à Tikal, mais elle est en tout cas une étape bien pratique pour y accéder. Pratique et plutôt agréable : Florès est construite sur un îlot du lac Peten itza.

 

 

 

 

 

     J'ai aimé ses petites maisons aux tons pastels, ses ruelles pavées, sa promenade animée le soir devant le lac et les terrasses qui vont avec.

Flores


     On est tout de même loin de la si authentique vie villageoise de Livingston, si bien que, malgré ces attraits, je m'y suis ennuyé assez vite. Peu importe, j'étais là pour voir Tikal et pour être sûr d'y être, je me suis levé avant 4h30.

     Tikal est à 1h30 de route. Autant dire qu'on arrive tôt sur le site. À 6h30, péage passé et billet en poche je m'enfonçais dans la jungle. Une jungle épaisse, qui semble couvrir l'ensemble de la province du Peten, et qui, sans le travail des archéologues, aurait englouti Tikal depuis belle lurette. D'ailleurs sur les innombrables pyramides que compte le site, un certain nombre ne se distingue plus qu'à peine car les herbes, les plantes, et même les plus grands arbres n'hésitent pas à y prendre appui. Mais là où l'homme a décidé de défricher, de beaux monuments émergent, magnifiques. On marche beaucoup sur des sentiers plus ou moins larges où le soleil a souvent du mal à percer, on va de temples en pyramides, on grimpe, et les amoureux des civilisations anciennes, les fans d'Indiana Jones, laissent aller leur imagination et s'émerveillent.

 

Tikal


     Ici plus de 1000 ans de générations mayas se sont succédés. Le site a connu son apogée entre les VIIème et VIIIème siècle notamment sous le règne de "Ah Cacao" (véridique) qui, selon toute vraisemblance, inspira bien plus tard la célèbre cantatrice Annie Cordy (Choooo cacao, cho-cho-cho-chocolat...). Malgré son nom ça n'était probablement pas un rigolo. Gardons à l'esprit que les Mayas se régalaient de sacrifices humains. En tout cas, la mégalomanie de ces rois et leurs croyances à la fois loufoques et dramatiques ont été le prétexte pour nous transmettre de magnifiques traces de leur passage.

 

     On passe facilement plusieurs heures à Tikal, le plus souvent à l'ombre ce qui est une bénédiction dans la chaleur centre-américaine. Et puis arrive l'heure de poursuivre son chemin...

Il y a maintenant et...maintenant

     Fidèles lecteurs, il ne vous a pas échappé qu'au cours de ma parenthèse nomade, j'aurais passé un certain temps dans les pays hispanophones (j'en suis exactement à 14 mois sur 27 de voyage). C'est pour beaucoup parce que, autant je rechigne à utiliser la langue anglaise et je déteste son abus impérialo-ricain de position dominante, autant mes oreilles frétillent de plaisir à l'écoute de l'espagnol.
     Quand on voyage durablement dans un pays on commence un tout petit peu à le connaître et bientôt à déceler des tics de langage sympas comme tout, propres à certains pays ou certaines régions,  des spécificités qui font qu'une langue est vivante.

     Dans une école d'espagnol on vous apprendra que "Ahora" veut dire "maintenant". Mais la rue, en Amérique latine, elle ne dit pas ça.
Par exemple : vous cherchez un bus qui part pour votre prochaine destination. Vous le trouvez au terminal et vous demandez au chauffeur quand est-ce qu'il part. Le type vous répond "Ahora". Houlaaaa vous dîtes-vous, vite vite je dois acheter une bouteille d'eau car le voyage sera long, vite, madame, donnez moi une bouteille d'eau mais viteeuuuuu, ouf je grimpe dans le bus, il était moins une j'ai bien géré. Ouais. Sauf qu'un quart d'heure plus tard votre bus est toujours à quai. Donc vous redemandez au chauffeur qui fume tranquilou sa clope devant le bus et qui vous répond un peu agacé "Ahora Ahora", que vous comprenez comme un " oui c'est bon là on part coco". Bah non. Finalement le bus ne part que 20' plus tard.
Car si littéralement "Ahora" veut dire "maintenant", en Amérique latine (et particulièrement dans la bouche d'un chauffeur de bus) il veut dire bientôt.
Il ne faut donc pas confondre "Ahora" (maintenant) avec "ahorita" (littéralement "petit maintenant"). Car quand on vous dit que le bus va partir dans un "petit maintenant" (ahorita) ça veut dire que vous avez certes le temps d'acheter une bouteille d'eau mais que le bus sera parti dans 5'.
Pour conclure, le mot "immédiatement" existe peut-être en espagnol, mais il n'est pas utilisé en Amérique latine où l'immédiat n'a pas de raison d'être. Quels chouettes pays.

 

Commentaires (3)

Didier
  • 1. Didier | 23/05/2017
Réponse @Isabelle:
Je suis preneur de toutes les critiques positives
...et je suis bien content si je vous fais un peu voyager.

Réponse @Chantal:
C'est chouette de vous faire découvrir quelques endroits qui vous sont inconnus...en espérant que vous pourrez vous faire votre propre idée un jour .
Quant à l'Iran, il faut être un peu patiente. Il y aura même d'autres destinations qui vont s'intercaler.
Chantal Allais
  • 2. Chantal Allais | 23/05/2017
Bonjour,je suis toujours votre périple. Et je n' avais jamais entendu parlé du site de Tikal.Donc je le découvre et j 'irai voir sur Internet.
J 'attends avec impatience l' Iran pour avoir votre avis sur le pays et le début ou le retour de la "liberté" .
Bonne continuation
Isabelle
  • 3. Isabelle | 23/05/2017
Merci Didier de nous faire partager votre long périple, vos photos et commentaires! Je n'en dis pas plus pour ne pas faire trop gonfler vos mollets: cela serait préjudiciable à vos longues marches... Du coup, je me suis rendue compte que je n'avais pas lu plein d'autres messages: donc, hier a-m, je me suis régalée de voyager sur votre site "en rêve" à défaut de "pour de vrai" et c'était top.

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