(Publié le 15 Mai 2017)Guatemala, Livingston

 

      Le plus souvent on change de pays en franchissant une frontière, passeport à la main.
Mais aussi, parfois, c'est plus simple: On arrive à Rio Dulce (Guatemala), on achète un ticket, on grimpe dans la grande barque à moteur (lancha), on descend le fleuve Dulce sur les berges duquel la vie se la coule dulce, et puis on arrive à Livingston. L'administration vous dira que c'est le même pays et pourtant vous êtes ailleurs, semble-t-il loin du Guatemala.


 

 

     Livingston n'est accessible qu'en lancha. LivingstonLa route y tourne en boucle ou se finit en impasse. Ici c'est le pays Garifuna, c'est à dire le pays des descendants des  esclaves africains -les noirs Caraïbes- dont certains se sont métissés avec les Indiens du coin. Débarquer ici c'est mettre les pieds dans un autre monde, clairement caraïbe. Ne cherchez pas le truc à faire (pourquoi faire ??).

 

     "C'est avant tout une ambiance, une manière de vivre particulière à laquelle on se laisse aller...Juste des odeurs et des émotions, des sourires et des regards, des scènes de la vie quotidienne": Le guide du routard résume bien ce qu'on vit ici.

 

    Je rajouterais "des rencontres", car les blacks du coin sont tous vos amis (surtout si vous acceptez de loger à l'hôtel du beau-frère ou bien de manger au resto de la grande tante). Des rencontres à finalité commerciale mais tout de même sympas.
Je me suis fondu avec grand plaisir dans cette ambiance si particulière, plus vraiment latino aussi à cause du climat, chaud et moite comme je ne l'ai pas connu ailleurs dans le pays.

     En marchant un peu on arrive à des endroits perdus en bord de mer,
Livingston, en baladedes espèces de bouts du monde dans un bout du monde, où un bar ultra isolé vous sert une bière fraîche à siroter en rêvant devant le spectacle de la mer et des oiseaux qui pêchent. Un souvenir dont j'espère que ma mémoire - dont les choix parfois me questionnent - saura le ranger en lieu sûr.
On vous proposera aussi une excursion jusqu'à playa blanca qui, sans être une plage sublime, n'est pas désagréable avec ses beaux palmiers qui l'ombragent bien. Et puis, avouez, ce n'est pas tous les jours que vous nagez sous le vol des pélicans ou des frégates qui planent si gracieusement.
Pour parfaire le tout, c'est ici que j'ai le mieux mangé dans le pays. Par exemple le tapado est une espèce de bouillabaisse locale où, en plus du poisson du crabe et des crevettes, les bananes baignent dans une sauce à la coco épicée juste comme il faut, un délice.

 

     Bref, voilà une belle étape à ne pas manquer au Guatemala. Seule ombre au tableau, il faut supporter la diffusion de reggae tout au long de la journée un peu dans chaque bar ou restaurant. Si je ne craignais pas tant les conséquences d'un blasphème, je vous dirais que, au même titre que le Vatican est une enclave dédiée à Dieu, Livingston est une enclave dédiée à Bob Marley.