(Publié le 11 avril 2017)Yucatan Merida

 

     Mérida est une grande ville du Yucatan qui mérite vraiment qu'on stoppe la bronzette à Cancun pour la découvrir. Elle vaut mieux que 2 heures de soleil tropical et le cancer de la peau qui s'ensuit. Et puis, tout voyageur qui se respecte devrait une fois dans sa vie visiter la ville dont les habitants sont des méridiens.

 

 

     C'est une ville assez grande, assez encombrée de voitures et de bus dans le centre, et pourtant drôlement agréable. Venez y en fin de semaine car alors les méridiens envahissent les rues quand la nuit tombe et la ville devient une fête. Ça joue de la musique, ça écoute de la musique, ça court, ça danse, ça rit et ça discute​ sur les bancs de la place centrale. C'est noir de monde. Merida en soiréeIl y a un peu de Madrid dans la Mérida du week-end, et venant de ma part c'est un grand compliment (essayez la rue nr 60 le dimanche soir). La ville fait la part belle aux petites places ombragées, aux églises mignonnettes, ça sent bon le bien vivre (même si forcément tout n'est pas si rose) alors j'y suis resté 3 jours. Ça m'a laissé le temps de visiter le grand musée du monde Maya (qui m'a un peu décontenancé malgré la modernité de la mise en scène). J'en ai également profité pour me balader le long de la grande artère bourgeoise de la ville. Figurez-vous qu'au début du XXème siècle certains ont fait fortune ici en fabricant les liens qui permettent de mettre la paille en bottes (ben voui). Ces gens là voulaient apparemment faire dans l'ostentatoire, ils ont construit de grandes maisons qui ont de la gueule. J'imagine qu'ils achetaient aussi les belles bagnoles du moment. Pour ceux-là, c'était la belle époque.
Probablement plus représentatif du niveau de vie des habitants, le marché municipal et les rues adjacentes sont beaucoup plus vivantes, très populaires. Il y a du contraste dans cette ville, ça rajoute à son charme.

     À quelques kilomètres plus au sud, la ruta Puuc tient son nom des collines où se sont installés des peuples Mayas voici un bail. Ce relief culmine fastoche à 120 mètres et abrite donc tout un tas de vestiges que votre soif de culture ne saura éviter. Si comme moi vous voyagez seuls et vous demandez comment vous allez bien pouvoir financièrement arriver jusqu'au 31 décembre, je vous conseille de grimper dans le bus affrété chaque dimanche par la compagnie Oriente.Uxmal Pour quelques pesos vous allez découvrir quelques merveilles du monde Maya. Tout au long de la journée le bus stoppe devant différents sites, plus ou moins spectaculaires (mais plutôt ++), en vous laissant le temps de la visite. On découvre de beaux restes de palais que les archéologues ont délivrés de la jungle envahissante. Personnellement, parcourir ces lieux chargés d'histoire comme on dit, et tenter de me projeter 1000 ans plus tôt, j'adore. L'état délabré de certains édifices n'empêche pas de se laisser aller à la rêverie même si, probablement, les historiens me diraient que je fais fausse route. On s'attarde évidemment plus longuement devant les bâtiments les mieux préservés (ou reconstruits). Après la visite de 4 sites "secondaires" mais déjà très beaux, on touche au grandiose quand on découvre, en point final, le site d'Uxmal. J'y ai passé plus de 3 heures sans m'y ennuyer une seconde.

 

     Je ne sais quels sont les critères des inspecteurs de l'UNESCO pour classer une cité au patrimoine mondial. Moi, en entrant à pieds dans la vieille ville de Campeche, je me suis dit Oohh comme c'est joli,Campeche et j'ai pensé que côté critères c'était suffisant.
Car Campeche est une jolie ville.  Les rues pavées et étroites quadrillent la cité à angles droits. Les murs des maisons coloniales qui les longent sont teintées de couleurs pastels. La vie va doucement, sans trop de voitures et d'ailleurs sans trop de piétons non plus. La vieille cité était autrefois ceinturée de murailles mais les promoteurs ne sont pas forcément copains avec le bon goût et n'hésitent pas à détruire des pans d'histoire à grands coups de pelleteuses, bref, il n'en reste que quelques tronçons, mais aussi quelques fortins et 2 portes. Celle "de la terre" s'ouvre sur la terre, celle de la mer s'ouvre sur.... une zone de commerces sans clients, une zone de parkings. La mer, longée par un malecon assez ennuyeux si vous n'êtes pas joggeur, est derrière cette moche zone. Une mer d'huile sans plage et presque sans bateau, pas attirante. Non, vraiment, le charmant de la ville on ne le trouve qu'intra muros, dans sa place centrale dominée par une grande église, dans sa jolie rue piétonne qui sert de terrasse à quelques bars, dans ses trottoirs surélevés et, comme je l'ai déjà dit, dans les teintes douces et joyeuses de ses maisons basses. On s'y balade au hasard avec plaisir.

 

     Il faut tout de même sortir un peu du centre pour aller voir un joli petit musée installé dans un fortin excentré. On admire là, notamment, des masques mortuaires magnifiques (époque Maya évidemment). Plus près des remparts le marché offre une belle animation. On y mange bien pour trois fois rien, comme d'hab'.
 

     C'est une bonne chose que ce marché existe car, malgré sa beauté, j'ai trouvé qu'on s'ennuyait vite à Campeche. Le site d'envergure qui ferait de la ville un incontournable on le trouve certes, mais très loin, à 6 heures de bus. Pour y accéder il faut quitter l'état du Yucatan et pénétrer dans celui du Chiapas. Ben...allons-y !