(Publié le 5 Avril 2017)Yucatan

 

     J'aime pas la Corona et je peux pas saquer le maïs. Ben devinez quoi, je suis parti quelques semaines découvrir le Mexique.

C'est mon côté maso (ou crétin).


 

 

 

     Il y a une bonne raison de poser le pied au Mexique en atterrissant à Cancun: les vols y sont moins chers que ceux qui arrivent à Mexico. Pour le reste la lecture des guides vous apprend que Cancun est aux Américains ce que les Baléares sont aux Allemands : le lieu de tous les excès (sexe-alcool-drogue-et musique à fond les manettesValladolid dans un décor  turquoise). Bref je n'y ai pas fait de vieux os mais j'en suis reparti le lendemain de mon arrivée avec une première impression positive: les mexicains m'avaient l'air drôlement sympas. En fait, tout au long de mon voyage, ils se sont toujours avérés gentils, au meilleur sens du terme.


     Au cours du trajet de bus qui m'a amené à ma première vraie escale mexicaine, Valladolid, j'ai appris 3 choses:

  • Les topes (ralentisseurs, prononcez topés) sont innombrables sur les petites routes et je devrais désormais privilégier les bus qui fréquentent les autoroutes. Car les topes ralentissent énormément la moyenne tant ils sont nombreux.
  • Le nombre de personnes en surpoids au Mexique est juste effarant. Ce que j'ai vu dans les villages traversés laisse penser que leur pourcentage est probablement bien pire qu'aux USA. Au delà de 25 ans, la quasi totalité de la population semble être en surpoids.
  • Le Yucatan (l'état mexicain que j'explore) c'est boisé d'une espèce de jungle sèche, c'est très plat et le paysage y est ennuyeux au possible.


     Valladolid est une petite ville sans rien de très spectaculaire et pourtant drôlement sympathique.

L'architecture est coloniale, la place centrale et quelques rues ont vraiment du charme. Pour ceux qui connaissent un peu de l'Argentine, ça m'a beaucoup rappelé San Antonio de Areco, une petite ville de la pampa où on se sent immédiatement bien.Cenote Comme là-bas, ici on peut louer un vélo pour explorer le coin, et surtout pour aller faire trempette dans les cenotes. Les cenotes sont des piscines naturelles souterraines, voilà un truc pas banal. J'en ai découvert 4 au cours de ma balade et tous étaient différents : plus ou moins souterrains, parfois éclairés par un simple orifice qui donne sur l'extérieur (cenote X-Kekén ou cenote Samulá), plus ou moins en forme de puits (cenote Oxman). L'eau y est plus ou moins bleue (bleu profond ou bleu turquoise), ou verte (émeraude), ou noire, mais toujours d'une limpidité extrême (Oui ! Une eau peut être à la fois noire et limpide, venez voir). En fonction de la hauteur du soleil, les jeux de lumière sont fantastiques. Se baigner là dedans c'est la classe, ça me ressemble (ouarf ouarf). Ces endroits idylliques ne sont quasi pas fréquentés le matin, ça rajoute à la magie du moment (j'y ai parfois nagé seul).

J'aurais aimé rester plus longtemps à Valladolid. Mais même quand on a tout le temps, il y en n'a pas assez.

     Je ne me lasse pas des pays hispanophones. Chichen ItzaMais ça n'est pas pour ça que j'ai choisi le Mexique comme destination. Ma première motivation c'était la découverte des sites Mayas.
Chichen Itza (qu'on traduit par "le puits des itzaes" du nom d'un peuple antique) est un des plus réputés et des plus fréquentés (sa proximité avec Cancun - nid à touristes en mal de sable et de soleil- n'y est sûrement pas pour rien). C'est un site qui a connu son heure de gloire vers l'an 1000. Donc ça date un peu. Mais comme leurs homologues égyptiennes, les pyramides Mayas supportent bien le poids des ans. Le "castillo" en est un exemplaire magnifique. Si sa silhouette ne vous est pas étrangère c'est parce que vous avez lu Tintin. Cette pyramide
Tintin a servi de modèle pour son aventure chez les Picaros. Ce temple est dédié au soleil. Les jours de solstice les visiteurs se pressent pour observer un phénomène optique créé par les architectes de l'époque: le dieu serpent semble alors descendre du haut de la pyramide pour féconder la terre.
Le site est assez grand pour abriter d'autres vestiges qui valent le détour. J'ai entendu dire un guide que le terrain de "juego de pelota" (jeu de balle, très fréquent dans le monde maya) d'ici est le plus grand du monde precolombien. En guise de jeu, 2 équipes s'affrontaient. Les perdants avaient la tête tranchée, c'était un peu le carton rouge de l'époque. Comme quoi faut arrêter de stigmatiser les hooligans: la violence dans les stades ça ne date pas du Heisel. Un peu plus loin le temple aux 1000 colonnes en contient effectivement un bon paquet. Chichen Itza compte également tout un tas de petits temples qui ont chacun à offrir.

 

On peut regretter la foison d'étalages de souvenirs Made in Taiwan qui jalonnent la promenade, mais si vous allez bronzer à Cancun, ce serait une vraie faute de goût que de ne pas pousser jusqu'à ce magnifique site.

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