(publié le 21 mars 2017)Cambodge kampot

 

     Dès mes premiers pas dans la ville à la recherche d'un hôtel, j'ai bien aimé Kampot. Ça n'est pas la campagne mais le centre paraît étonnamment calme après la cohue et le tohu bohu de Phnom Penh. Les 40.000 habitants semblent se terrer chez eux à l'abri de la chaleur qui me semble pourtant moins écrasante que dans la capitale.

 

 

 

 


 

     Après 2 "échecs", le jeune homme qui m'a accueilli dans le 3ème hôtel dont j'ai franchi la porte a refusé de négocier son prix - 10$ la nuit -, ce qui habituellement me fait tourner les talons. Mais je savais qu'à moins cher je n'aurais tout au plus qu'un dortoir, ou bien une piaule un peu miteuse, et j'en avais ma claque des dortoirs et des mites. J'ai donc opté pour cette chambre-là, au Apsara guesthouse, 15m2, ventilateur efficace au plafond, carrelage nickel au sol, et une salle de bain où on prend plaisir à se laver, ça n'est pas toujours le cas.

     Un bouillon de boeuf plus tard (j'adore les soupes khmers et me nourrit essentiellement de ça et du riz ou des nouilles de riz qui les accompagnent), j'ai commencé une exploration sérieuse de la ville. 1h plus tard j'avais vu l'essentiel. Au Cambodge il y a les merveilles d'Angkor, mais il ne faut pas croire qu'il y a des merveilles encore et encore.
 

 

     L'essentiel ici ce sont de belles bâtisses construites par les commerçants chinois et que l'humidité de la saison des pluies noircit parfois, ce sont les rives plutôt agréables de la rivière de Kompong bay, boueuse et charmante comme les autres en Asie du sud-est, ce sont quelques terrasses qui lorgnent sur les touristes, quelques gargotes qui ciblent le local. On en a vite fait le tour mais, je me répète, c'est un tour plaisant qu'on apprécie plus encore je pense en venant de la trépidante Phnom Penh.
 


     La location d'un scooter ne coûtant que 4$/jour, j'en ai pris pour 2 jours.Aux alentours de Kampot
Le premier (jour) m'a amené dans la montagne proche car oui, ça ne se voit ni au premier ni au deuxième coup d’œil quand on vient du nord, mais il y a des montagnes au Cambodge. La station d'altitude du parc national de Bokor n'est certes pas un immanquable mais, puisqu'on y va en montant, on y trouve de l'air frais. On y trouve aussi une végétation qui surligne des paysages pas désagréables, et puis différents sites dont l'intérêt se discute. Mais quitte à être là haut il faut voir la ruine du palace, un établissement qui a connu son heure de gloire après guerre, mais que l'Histoire mouvementée du pays a condamné. Des décors somptueux de l'époque il ne reste en tout et pour tout que quelques mètres carrés de carrelage et puis le paysage qui glisse jusqu'à la mer.
À quelques kilomètres une cité fantôme semble vouée à être bientôt envahie par la végétation. Il s'agit d'une succession d'hôtels qui apparemment n'ont jamais trouvé leur public. Les lieux sont vides, et portent la notion de glauque à des sommets. Le seul bâtiment qui soit occupé (beaucoup plus par les employés que par les clients), est un hôtel immonde, un temple de vulgarité. Cette zone est un endroit étrange, qui personnellement m'a mis très mal à l'aise sans que je puisse définir clairement le malaise.

 

 

 

     30kms à l'est de Kampot, Kep est une cité balnéaire sans âme. J'y ai consacré une demie journée d'excursion. Sans âme ne veut pas dire sans intérêt. Il est par exemple intéressant de voir où et comment les cambodgiens passent leur dimanche quand ils vont à la mer: ils louent pour la journée des espaces de 5-6m2 équipés de nattes au sol et de sièges de plage ou de hamacs. Dit comme ça, ça vous rappelle sûrement nos plages privées mais ça n'a rien à voir car les dits-espaces, certes avec la mer en vue, sont ancrés sur les trottoirs ou pire sur des parkings et se touchent les uns les autres, bonjour l'intimité. La culture asiatique se situe décidément à des années-lumière de la nôtre.


Kep, spécialité du coin     Kep est plus avantageusement connue pour ses crabes. En bord de mer, la visite du marché est vraiment sympa et à l'heure où j'y étais (9h) il y avait peu de touristes. On y vend donc des crabes bleus (ou "kdam ses" en khmer, c'est à dire "crabe-cheval", ou encore "Portunus pelagicus" pour ceux qui veulent se la péter dans les dîners mondains), des crabes bleus certes mais pas que: Je me suis notamment laissé tenter par une petite brochette de poulpe au goût de reviens-y. En prolongation du marché il y a une succession de petits restos qui ont tous une terrasse qui empiète sur la mer. C'est l'endroit qui va bien pour déguster la spécialité locale devant les bateaux de pêcheurs, les petites nacelles de crabes qui flottent et l'animation du marché. Les assiettes de crabe au poivre de Kampot sont joliment présentées, une recherche esthétique qui tranche avec le côté cradingue du marché lui-même.

 

 


 

 

Kampot, le poivre    

 

     Enfin, ma pétrolette m'a amené jusqu'à des plantations du poivre que je viens d'évoquer. Le poivre est une plante grimpante qu'on trouve à l'état sauvage dans la jungle. Comme personne ne met les pieds dans la jungle, la visite (gratuite) permet d'approcher de près les plants et d'en savoir plus. Le poivre de Kampot a connu son heure de gloire jusqu'au règne des khmers rouges qui se sont empressés de détruire les plants. Aujourd'hui, il renaît de ses cendres pour notre plus grand plaisir de gourmets, car il est internationalement considéré comme le meilleur poivre au monde.  Et franchement, sans être connaisseur, on fait tout de suite la différence avec ce que nous propose Ducros. Ici on se décarcasse plus qu'ailleurs: les grains sont triés un par un à la main (!!). Sur une grappe, les grains poussent verts puis virent au rouge en murissant. Quand 20% des grains sont rouges on cueille toute la grappe. Kampot, poivre...vertLes grains rouges seront dégustés rouges, les verts seront séchés et deviendront noirs ou blancs en fonction de la technique utilisée. Le poivre peut donc se consommer vert (pas mûr, à consommer dans les 3 jours après la cueillette), rouge (à consommer avec les viandes rouges), blanc (à consommer avec le poisson), ou noir (le poivre passe partout). En France vous trouverez ce poivre à la vente uniquement à Paris, dans les boutiques de luxe. Et si par chance vous pouvez un jour croquer dans un grain, n'hésitez pas, les saveurs vous resteront longtemps en mémoire.

Commentaires (4)

Didier
  • 1. Didier | 23/03/2017
Réponse @Tony:
Moi et la botanique tu sais... Mais suis pas sûr qu'un grain de poivre noir (qui a donc séché au soleil) soit encore en mesure de germer.

Réponse @Thonthon:
Ben oui, Indiana prend de la bouteille (heu ben...c'est le cas de le dire...ce soir je prendrai l'apéro en pensant à La Rochelle)

Réponse @Aurélie:
Et qu'en est-il du café réunionnais ? Et du rhum ? Il faut que tu me trouves les bonnes adresses avant mon éventuelle arrivée !
Aurélie
Je te rejoins sur le Bokor, le lieu m'a laissé une impression plus qu'étrange... et à défaut d'emplacement face à la mer, nous y avions croisé des familles qui pique-niquaient au bord de la route principale. Très surprenant...
A Kep on avait bien aimé le parc national, l'occasion de prendre une petite bouffée de verdure...
Quant au poivre de Kampot, je m'en fais ramener dès que je peux, c'est devenu une adiction ^^
Toujours un plaisir de te lire ! Bises et bonne continuation.
Thonthon
  • 3. Thonthon | 21/03/2017
Tu prends goût aux hôtels de luxe .....il y a du laisser-aller ? et maintenant une grosse anguille te fait peur ....Indiana Jones vieillit ?. J' ai apprécié ton approche sur le poivre .....Au plaisir de te revoir ....
Tony
  • 4. Tony | 21/03/2017
Chouette, je peux à nouveau poster sur ton blog...
...pour te suggérer de me rapporter quelques graines de poivrier de Kampot : j'essaierai d'en planter sur une terrasse !

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