(Publié le 13 février 2017)Laos Tha Khaek

 

 

 

     Il ne m'aura fallu que 8h de transports en commun (2 tuk-tuks et un bus) pour rejoindre Tha Khaek, à 230 km au sud de Vientiane.

 

     Parfois on sent bien les choses tout de suite sans bien savoir expliquer pourquoi. Ben cette petite ville - Tha Khaek - je l'ai tout de suite bien sentie, dès la gare routière, mais c'était peut être aussi le bonheur de sortir de ce bus pourri.
 

 

     Tha Khaek est située en bord de Mékong. Il est ici moins sauvage qu'à Louang Prabang mais beaucoup plus large, peut être équivalent à un peu plus de 2 fois le Rhin au niveau de Strasbourg. De l'autre côté de la rive on voit une ville thaïe puisque le Mékong fait frontière (comme le Rhin, qui sépare Strasbourg de Kehl).

 

     Les berges du côté Lao sont occupées par des petites terrasses, c'est sympa comme tout. La place centrale (place de la fontaine) était bien animée quand je suis arrivé, couverte de petits bouis-bouis qui proposaient un plat, une crêpe... Ça vivait comme vit un village un jour de fête ou de marché, bref, j'ai aimé.


     J'étais venu là pour louer un scooter et explorer un peu du Laos profond, et j'ai fait ça dès le lendemain de mon arrivée. Il s'agit en fait d'un circuit en boucle de 450 kms à faire sur 3 ou 4 jours. C'est fréquenté par les touristes mais dans une proportion extrêmement raisonnable. C'est un parcours qu'empruntent également quelques camions mais on se sent tout de même en relative sécurité dès lors qu'on prend soin d'éviter sur la route:
. Les poules
. Les boeufs
. Les cochons
. Les chiens
. Les enfants
. Et les nids de poule qui, en guise de poule, peuvent abriter une autruche.

 

La boucle


     Quelques minutes seulement après avoir quitté Tha Khaek la route plonge dans le relief environnant, les montagnes karstiques si communes en Asie du sud-est (mais inconnues par chez nous). Le paysage est parfois sublime, malheureusement souvent gâché par les lignes haute tension. Le temps n'était vraiment pas top, j'ai pourtant adoré me balader sur mon scooter dans cet environnement singulier. Et puis le temps de quelques virages en lacets et me voici sur un plateau, 300m plus haut. Le paysage est complètement différent. Un immense lac semble occuper la majorité de l'espace, noyant la jungle qui ne trouve refuge que sur les collines.

 

La boucle

 

     Ce lac a été créé par la construction d'un barrage. Il est réellement immense. Ce paysage est donc tout récent. C'est à la fois très beau (une partie de la forêt a été inondée) mais aussi dramatique car des villages entiers ont été noyés et la population concernée a dû être déplacée. Plus ou moins obligés, les gens se sont reconvertis et certains habitants du village perdu dans lequel je fais étape le soir sont devenus pêcheurs.

     Au 2ème jour le beau temps semblait de retour. La route légèrement surélevée se faufile avec de chaque côté les paysages de forêt inondée. Ça dure des kilomètres et c'est magnifique. Puis viennent une série de petits villages. Jamais depuis mon arrivée je ne me suis autant senti au "cœur" du pays, le Laos profond. Les gens y sont particulièrement souriants et les enfants vous lancent des "sabadee" (bonjour) accompagnés de petits signes de la main. La soupe de nouilles s'accompagne ici de viande, et elle est largement aussi bonne qu'ailleurs malgré le côté cradingue du boui-boui dans lequel je la déguste. Les vendeuses du bord de la route s'amusent de ma présence, peu d'occidentaux doivent s'arrêter dans le coin. En poursuivant, le relief karstique est de nouveau à l'honneur. Les falaises sont magnifiques. Je pose ma mob' et me voilà embarqué (c'est à dire... grimpé dans une barque) sur une rivière dont je n'ai plus le nom en tête et pourtant dont je me souviendrai. Si ce qu'on demande à un guide est qu'il vous ramène sain et sauf à votre point de départ, alors je peux dire que mon guide fut le meilleur qui soit. Son boulot a consisté à me balader sur cette rivière qui passe sous terre pendant la bagatelle de 7 km, dans l'obscurité évidemment (enfin à la lueur de sa frontale ce qui n'est pas grand chose).

     Naviguer dans ces conditions, dans un "tube" souterrain qui parfois semble énorme, cerné par la roche à la fois inerte et menaçante, sans autre bruit que le petit moteur de la barque, ça a quelque chose d'anxiogène, je vous dis pas. Ça dure suffisamment longtemps (7kms !!) pour que plein de choses vous passent par la tête genre: "le Laos est-il un pays à risque sismique ?" ou bien "le guide a t il correctement chargé les batteries de sa frontale ?" etc...
Une fois arrivé au bout du tunnel, ben chouette, il n'y a plus qu'à faire le chemin inverse, dans les mêmes conditions, l'obscurité, le plic plic de l'eau qui goutte de la roche et de nouveaux questionnements: "l'EDF locale ne va t-elle pas choisir pile poil cet instant pour opérer un lâcher de 2 millions de m3 d'eau depuis le barrage plus haut ?". Voilà en tout cas une expérience peu banale, juste un peu gâchée par le fait que le guide, même s'il vous ramène finalement à bon port, n'a strictement rien à vous raconter sur la rivière, la grotte, sa formation...

     Le soir je dors tout près de là, dans une ambiance villageoise qui sent bon la campagne laotienne.
 

     Le 3ème jour est essentiellement consacré au retour, au début dans un décor toujours somptueux puis, pour les derniers 100kms, franchement ennuyeux. Mais la beauté des lieux traversés  et le dépaysement valaient bien ce sacrifice.

 

La boucle

 

Commentaires (7)

Didier
  • 1. Didier | 10/03/2017
Réponse @Aurélie:
Oups, je vois ta question un peu tardivement...
Oui les scooters automatiques sont plus fréquents que ceux à vitesse. Pas de souci de ce côté là.
Aurélie
Je n'ai fait aucune des boucles en scooter dont tu parles, et c'est mon excuse pour me dire qu'il va falloir que je retourne au Laos ^^ Petite question pratique, tu as trouvé facilement des automatiques à louer dans le coin ?
Didier
  • 3. Didier | 18/02/2017
Réponse @Emma:
J'ai bien peur que le problème soit le même (ou pire) dans les villes...

Réponse @Thonthon:
Je suis content que tu fasses des progrès en géographie grâce à moi. D'ailleurs c'est ma seule vraie motivation parce que les voyages moi ça me gave ;-)
Thonthon
  • 4. Thonthon | 17/02/2017
Excellent reportage , je connais maintenant la capitale du Laos ......Merci et Bises des rochelaises
Emma
  • 5. Emma | 14/02/2017
oui c'est certain! . Mais les lao scolarisent les enfants qu'à partir du primaire. Très peu avant. Je n'irai pas jusqu'à dire qui'il faut les occuper , (non hein! ) mais c'est mieux que de les laisser dans la nature quand on va aux champs . ( et puis qui les garde, puisqu'ils travaillent de 3 à 99 ans ? ) Enfin, c'est sans doute le manque de structures éducatives dans les campagnes profondes et le manque de moyens de les faire profiter de l'encadrement des villes les plus proches .
Didier
  • 6. Didier | 14/02/2017
Réponse @Emma:
Merci Emma
Pour ce qui est du travail des enfants... J'imagine que si nos gamins travaillaient à 6-8 ans nous dirions également que nous n'avons pas le choix. Au final, envoyer de si jeunes aux champs plutôt qu'à l'école, je ne suis pas sûr que ce soit rendre un grand service à l'avenir du Laos.
Emma
  • 7. Emma | 13/02/2017
Ben ça fait rêver quand même ! c'est l'Asie attachante, les montagnes karstiques si particulières, la soupe de nouille, la campagne paisible au rythme des récoltes et des enfants qui y participent déjà (oui euh là bon, n'ont pas le choix hein? faut des bras ! ...) , et ces bouis-bouis cradingues dans lesquels on n'est finalement jamais malades curieusement . Et tous ces gamins, au si joli sourire !
Y'a qu'un truc, faut pas être claustro !
Belles photos et belles histoires comme toujours ! Merci pour ce moment d'évasion si loin de nos réalités quotidiennes , mais si proches de nos rêves inassouvis!

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