(Publié le 26 Septembre 2015)

     Notre séjour se termine sur les côtes pacifiques du Nicaragua.
Nous le valons bien.

Mais avant ça, et depuis mon précédent article, nous avons pas mal bourlingué. Et pour commencer, à León. On dit bien à León et pas chez Léon car León est une ville de plus de 200.000 habitants dont aucun ne s'appelle Léon (OK, j'arrête là les blagues pourries).

Leon 01     La ville a vraiment été un petit coup de cœur. Elle est peut-être un peu moins charmante que Granada visitée précédemment, moins restaurée aussi, mais elle est beaucoup plus vivante. Elle est aussi considérée comme la capitale culturelle du pays. Une fois encore nous avons aimé errer sans but dans les rues du centre mais aussi celles un peu plus excentrées. Ça nous a notamment permis de tomber sur un petit marché, enfin pas exactement, plutôt une succession de bouis-bouis préparant chacun un plat différent en attendant que les fidèles ne sortent de la messe (A l'heure de la messe, les églises sont bondées).

 

 

C'est donc un pur hasard qui m'a permis de goûter la « sopa de gallina », une soupe de poule comme son nom l'indique,  La soupe miam-miam   pas si mauvaise. Faut dire qu'au Nicaragua on n'a pas l'occasion de se régaler tous les jours, le pays ne brille pas par la qualité de sa gastronomie. Le repas traditionnel (comida corriente) est composé de riz, de haricots rouges et d'un peu de salade de choux râpé. En guise de viande, une aile de poulet (pollo) passée à la poêle fait le plus Et sa préparationsouvent l'affaire, mais on peut également en trouver avec du porc (cerdo) ou du bœuf (res) mais tout cela sans épice. On mange ça très souvent, sans avoir trop le choix. Là où ça devient dur c'est que le petit déjeuner est lui aussi composé de riz et de haricots rouges mais par la grâce du tout puissant – très présent ici, jusque dans les bus - sans pollo ni cerdo ni res. Parmi les variantes on a également goûté une soupe de haricots, évidemment rouges. J'allais oublier les très communes platanas (bananes servies en légumes ou bien en chips) à ne pas confondre avec les bananos (bananes servies pour le dessert). Faut voir le bon côté des choses : le mélange bi-quotidien riz + bananes évite les mauvaises surprises à l'heure de passer aux toilettes. Je ne vous parle pas du mélange haricots rouges + chou car ce site est de bonne tenue.
Pour en finir avec cette triste page consacrée à la gastronomie locale, sachez que le mot apéritif (ou aperitivo) n'existe pas ici. On a donc bien touché le fond de la misère (un français vivant ici nous a dit : « Y'a pas de raison que ce mot existe au Nicaragua, ils boivent tout le temps ! »).

Boumbadaboum     Nous étions à León pour la fête nationale. Rien de bien excitant en fait et en guise de feu d'artifice les autorités nous ont gratifié de 5-6 pétards quasi mouillés (mais tous les soirs pendant 5-6 jours).Plus sympa, le « concours » de fanfares, chaque école de la ville ayant la sienne : tambours, grosses caisses, xylophones, et majorettes qui ont du mal à décocher un sourire font un joyeux tintamarre.

 

 

     Un long trajet de bus et quelques volcans plus tard, nous nous sommes retrouvés à Matagalpa. Ici de toute évidence les autobus et les gros 4X4 sont entrés en compétition : c'est à celui qui contribuera le plus à la pollution de la ville. L'air est donc parfois difficilement respirable, le bruit franchement pénible. C'est d'autant plus dommage que nous étions venus ici en recherche d'air frais et pur. Car Matagalpa est une ville de montagne située entre 700 et 900 mètres d'altitude.Les chouettes virées en motoMais c'est aussi une ville de montagne sans charme. On y a heureusement déniché un loueur de motos qui nous a permis, pour 30$, de nous en échapper le temps d'une journée. C'est certainement un peu cher dans un pays considéré comme l'un des plus pauvres au monde mais au final ça a été un excellent investissement. Notre petite virée nous a permis de découvrir les plutôt belles montagnes environnantes, d'autant agréables qu'elles sont vite libérées des particules nocives de diesel. Ça a aussi été l'occasion de circuler dans les plantations de cafés (Ce sont ces grandes plantations, les moyens qu'elles nécessitent mais aussi les gros revenus qu'elles engendrent qui expliquent le nombre impressionnant de 4X4 que compte la région). Cette fois-ci c'est un vrai bon bol d'air dont nous avons profité. Une chapelle dans la plantation de caféNous étions malheureusement hors saison pour, par exemple, nous initier à la cueillette mais cette visite (et celle du petit musée du café de Matagalpa)nous a permis d'en savoir plus sur cette culture essentielle à un petit dèj' réussi. Saviez-vous par exemple que ce sont les allemands qui ont introduit le café en Amérique centrale à la fin du XIXéme alors qu'ils étaient venus là pour y trouver de l'or ?

 

 

 

 

 

Cé ki cé ki cé ki ?
Le caféier, les graines de café et la cafetière

 

 

 

     Et c'est donc sur la côte que nous finissons notre périple en Amérique centrale. Las Penitas c'est la plage de León, située à 30' de bus. C'est aussi un petit port.Las Penitas, le Et depuis la terrasse de notre hôtel, en sirotant un licuado de banano ou simplement une bière, on peut profiter de la vie locale, les mouvements des barques qui ramènent le poisson, les pêcheurs qui le nettoient à même le sable, les gamins qui rentrent de l'école, la vie qui va quoi, doucement. Il ne faudrait pas grand chose pour que ce coin-là du Nicaragua soit un petit paradis. Il suffirait que les Nicas cessent de considérer leur pays comme une grande décharge publique, peut-être leur apprendre que les bouteilles ou sachets plastiques qu'ils balancent partout et notamment dans leur propre espace vital ne sont définitivement pas bio-dégradables.

Le miracle du voyage c'est aussi que, prenant probablement notre statut de routards très à cœur, nous réussissons à prendre du plaisir dans cet immense dépotoir.

 

En s'éloignant un peu du port, on accède en barque à un bras de mer bordé de palétuviers.Dans la mangroveC'est un bel espace préservé de la pollution dont je parlais à l'instant, mais aussi du bruit pour peu qu'on ne considère pas comme du bruit le chant des oiseaux, le cri de quelques bestioles dont nous avons oublié le nom et le glouglou de l'eau qui s'écoule dans la mangrove. On croise quelques barques, pêcheurs à la ligne, coupeurs de bois, chasseurs de crabes.

 

Nous avons également vécu tout près de là une nuit à la Robinson Crusoé.

Après 20' de barque et une petite marche au cours de laquelle, dans l'obscurité et uniquement chaussés de claquettes, nous manquons de peu de marcher sur un serpent, nous accédons à un « campement » : 4 petits bungalows très très rustiques,La cabane des Robinson Lacoste, y'a pirequelques hamacs, 4 cloisons de bois qui font office de cuisine, quelques tables et chaises faites des matériaux qu'on trouve sur place. Le décor c'est aussi une immense plage de sable déserte et de grands sacs en plastique qui, ouf, ont une utilité : Nous sommes ici dans la réserve de la isla Juan Venado et la personne qui nous accueille est chargée de la protection des tortues. Car tout au long de l'année les femelles de 3 espèces différentes viennent pondre leurs œufs aux pouvoirs soi-disant aphrodisiaques. Nous accompagnons donc Hector dans sa ronde nocturne. L'objectif est de repérer une tortue qui viendrait pondre puis de récupérer les œufs avant les personnes malintentionnées qui les convoitent. Il y a quelque chose d'assez surréaliste dans ce boulot : Tout au long des 11kms (soit un AR=22kms) qu'il doit parcourir à pieds Hector croise les nombreux braconniers sans aucun pouvoir de répression. Ça signifie que si il voit l'un d'eux entrain de piller un nid, il ne peut que le laisser faire ! Chaque œuf se revend, en toute impunité sur le marché de León, de 40 à 60 Cordobas (1,50 à 2€). C'est donc une petite fortune que chaque tortue peut produire, sachant qu'elle peut pondre jusqu'à 130 œufs (le salaire nicaraguayen moyen est de 200$ mensuel).


Sacs à oeufs
Les sacs dans lesquels sont mis à l'abri les oeufs
(espèce Paslama, 118 oeufs pondus le 28-08-2015, éclosion prévue le 17-10-2015)

 

Des braconniers nous en avons donc croisé certains au cours de la première ronde d'Hector, mais de tortue point. Nous sommes allés nous coucher (j'ai passé là ma meilleure nuit, au son des vagues qui se fracassaient tout près) pendant qu'il continuait ses allers-retours, sans succès.

S'il était tombé sur un nid, Hector aurait dû stocker les œufs dans les sacs plastiques dont je vous parlais plus haut, attendre 50 jours l'éclosion, et relâcher les petits au plus prés de la mer pour éviter d'autres prédateurs, naturels ceux-là : les oiseaux.

A notre réveil, à 7h, nous nous sommes baignés sur cette plage déserte, propre, dans l'océan tiède et sous le vol des pélicans.

 

Pelicans

 

 

 

     Un couple, pour subvenir correctement à ses besoins, doit à minima compter un travailleur sérieux. Par une décision unilatérale de moi-même j'ai désigné Coralie pour accomplir cette noble tâche. Ce soir elle prend donc un vol pour Bruxelles, via Miami, pour retourner à son bureau (ça lui fait de gros trajets non ?).
Quant à moi, touriste sérieux, je m'envole, via San Salvador puis l'aéroport de Bogotá où je devrai patienter 8h avant une correspondance pour ma prochaine étape: Quito

8 heures à attendre dans un aéroport, en pleine nuit... Oui voilà, vous pouvez me plaindre.

 

 

 

 

Commentaires (5)

Lucie
  • 1. Lucie | 28/10/2015
Eh bien on vous attend pour le tournage du prochain Koh Lanta !!
Thonton
  • 2. Thonton | 09/10/2015
Un vrai Chef !!!!!! Au moins tu sais parler aux femmes et tu es doué pour la répartition des charges dans 1 couple ......Félicitations ...
CoCo de Belgique
  • 3. CoCo de Belgique | 01/10/2015
Ca me plaît bien de lire ce post et de voir ces photos... ça me rappelle que c'était pas si mal en fait ce voyage!! :-)
C'est vrai qu'avec cette crasse, cette pollution, cette misère, et l'absence de site touristique majeur, on aurait vite tendance à oublier ce qu'on y a quand même aimé.
Enfin voilà, maintenant je bosse (comme l'a décidé Didier), je mets de l'argent de côté, et dans 2 mois je repars
Valérie du Krut
  • 4. Valérie du Krut | 30/09/2015
courage à toi Coralie...... Mais te connaissant, tu seras très vite dans un autre avion pour rejoindre Didou !
et puis courage à toi aussi Didou. 8h, la nuit, dans un aéroport, au bout du monde, en vacances...... c'est trop trop dur....
filou
  • 5. filou | 30/09/2015
ça donne pas bien faim tout ça !

par contre la plage à 7h du matin, ça fait envie, il fait 18° dans le bureau ce matin...

bonne continuation, bises

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