(publié le 19 janvier 2016)Carte Bolivie

 

 

 

 

 

     On ne visite pas la Bolivie avec pour premier objectif La Paz, la capitale. Ça serait pourtant dommage de faire l'impasse sur cette ville incroyable. Quand on arrive de l'Alto (partie haute de la ville) et qu'on descend l'autopista (l'autoroute) qui mène au centre, la vue est juste saisissante sur la cité. Elle s'est construite au fond d'une vallée d'altitude et grignote – à moins qu'elle ne ronge – les flancs des montagnes qui l'entourent. Ce qu'on voit d'abord, c'est une immense ville de briques mais soyons clairs, la comparaison avec Toulouse s'arrête là. Les édifices sont construits des mêmes briques oranges dont on construit le plus souvent nos maisons mais ici on ne se donne pas la peine de crépir le bâtiment. Et à perte de vue, la ville arbore cette couleur rose-orange synonyme de travaux du bâtiment par chez nous.

 

La Paz

 

     Au moins on est prévenu, car le centre-ville donne effectivement l'impression d'être partout en travaux. Ou alors mériterait de l'être. La Paz est bruyante, polluée, et assez moche car les quelques beaux édifices qui pourraient l'égayer sont rares et systématiquement noyés sous la pub des magasins qui les occupent. La plupart des boliviens ne sont pas assez riches pour se payer une voiture, mais la ville est pourtant facilement paralysée par les embouteillages. Car ici ce sont les minibus qui font le nombre et comme les trajets sont très bons marchés les Paceños – habitants de La Paz - les utilisent à tout bout de champs. Malgré toutes ces facettes qui auraient dû me rebuter je me suis étonnamment senti bien dans la ville. J'ai aimé l'ambiance des rues, la grouillante vie sud-américaine, un peu bordélique, un peu sale, bien polluée, mais drôlement vivante. Je n'ai pas fait de visites de musée, la visite de la cathédrale San Francisco est très décevante, mais faire un tour sur les 2 (ou 3 peut-être) lignes de téléphérique permet d'avoir des vues générales sur la ville et sur les volcans qui dominent la cité.


 

 

     À La Paz, au delà des embouteillages, du bruit, de la crasse, il y a le très choquant : les enfants au travail. On imagine mal chez nous - heureusement devrais-je dire – une gamine de moins de 5 ans, dans la rue, esquissant toute la journée quelques pas de danse à la fois maladroits et appliqués pour faire comme on lui a dit de faire, dans l'espoir de quelques pièces. On ne l'imagine pas sautant d'un pied sur l'autre dans son costume traditionnel sale et la foule qui passe, nombreuse, indifférente, et qui donc voudrait nous faire croire que c'est normal.La Paz. Gare routière

On imagine mal ces garçons de 12-13 ans aux mains noires du cirage qu'ils brossent sur les chaussures des passants clients.

On imagine mal le garçonnet de 8-9 ans qui vend des glaces comme le font certains adultes, avec leur petite carriole, on n'imagine pas ses yeux envieux posés sur la petite voiture radio-commandée avec laquelle jouent tout près de lui des enfants de son âge. A celui-là, j'ai juste eu envie de dire de la balancer sa foutue carriole, lui dire que la vraie vie des enfants de son âge c'est bien de jouer avec des petites voitures et pas de pousser une carriole dans la rue pour vendre des glaces.

 

Pour être plus proche de la (triste) réalité (et malheureusement enfoncer le clou) il faut préciser que le travail des enfants n'est pas une exclusivité de La Paz. Ça existe partout en Bolivie, mais j'en avais également été témoin en Équateur par exemple.